JACQUES WITT / POOL / AFP

Voile : Macron doit-il trancher ?

Droite et extrême-droite lui reprochent de ne pas apporter de réponse

"Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. Dans les services publics, à l'école, c'est mon affaire", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une visite à La Réunion, en s'en prenant aussi avec virulence au "communautarisme" et au voile "instrument de revendication et de séparatisme" dans "certains quartiers".

Vendredi matin sur France 2, Marine Le Pen la présidente du Rassemblement national (RN) qui veut interdire le voile dans tout l'espace public a reproché à Emmanuel Macron de ne pas répondre à la question du voile; "Il s'en lave les mains".

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M. Macron "n'est pas chef des services publics, il est président de la République. Il est garant de la préservation de la laïcité qui est (…) un trésor français. Et dans le même temps il vient dire: il y a des quartiers entiers, il y a un islam politique qui, au travers du communautarisme, cherche à faire sécession avec la République. Et à cela qu'est-ce qu'il apporte comme réponse? Rien, je m'en lave les mains", a accusé la dirigeante d'extrême droite.

"Le voile est une arme utilisée par l'islam politique pour aller à l'encontre de tout ce à quoi nous croyons: la laïcité, la liberté, l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est une gigantesque régression à laquelle le président Emmanuel Macron oblige les Français à se soumettre", a ajouté la finaliste de la présidentielle en 2017.

Selon elle, "Il y a 30 ans les seules femmes qui portaient le voile c'était les vieilles Algériennes. Aujourd'hui, ça a changé de nature, sous la pression des Frères musulmans qui cherchent à voiler les femmes partout dans le monde". 

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Pour le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, la déclaration d'Emmanuel Macron s'apparente à un "renoncement". Son parti propose un texte qui sera examiné mardi au Sénat et qui propose d'interdire le port du voile lors des sorties scolaires. Bruno Retailleau souhaite également que les aides sociales pour les femmes qui portent le voile intégral soient supprimées. 

"Il ne sert à rien de déplorer une dérive communautariste si c’est aussitôt pour renoncer à lutter contre l’islam politique et se borner à rappeler des généralités", a déploré dans un communiqué le sénateur de Vendée. "Ce qu’a dit Emmanuel Macron hier, ou plutôt ce qu’il n’a pas dit, est grave car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un renoncement à défendre les valeurs françaises dont nous avons pourtant tout lieu d’être fier".

"Les bonnes réponses ne consistent pas à réinventer la laïcité" a expliqué Gilles Le Gendre, le président du groupe La République En Marche (LREM).

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"Nous sommes en train, le groupe parlementaire et LREM, d'organiser une démarche coordonnée pour clarifier ces notions" de laïcité et de communautarisme pour "envisager les bonnes réponses", a-t-il poursuivi sans plus de précisions.

 

Konbini News avec AFP

Par Lila Blumberg, publié le 25/10/2019

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