Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles – Octobre 2017, Paris. © Bertrand GUAY / AFP

Violences sexuelles : #JeSuisVictime est devenu aussi viral que #BalanceTonPorc

En moins d'une semaine, plus de 200 000 messages ont été publiés sous ce hashtag.

Apparu après les César, qui ont notamment récompensé le cinéaste Roman Polanski, visé par plusieurs accusations de viol, le hashtag #JeSuisVictime, commun aux témoignages de femmes victimes de violences sexuelles, est devenu aussi viral que #BalanceTonPorc, selon un décompte transmis jeudi à l’AFP.

En six jours, pas moins de 204 286 messages publiés sous ce mot-clé ont été publiés sur les réseaux sociaux. Ce décompte a été réalisé par l’outil de veille des médias sociaux Visibrain. Au total, 84 122 utilisateurs se sont exprimés sur le sujet, dont 67 % de femmes et 33 % d’hommes.

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Trois ans plus tôt, le hashtag #BalanceTonPorc avait généré un nombre comparable de tweets, avec 207 588 messages pendant le même laps de temps, selon Visibrain.

Le premier message avec #JeSuisVictime est apparu dès le lendemain de la cérémonie des César, qui s’est tenue le 28 février à Paris : "Une de plus. Une de plus dont [on] a détruit l’enfance, sa vie […]".

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Ce premier message a ensuite déclenché une vague de témoignages sur des violences sexuelles :

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En 2017, en France, la parole de milliers de femmes dénonçant harcèlement ou agressions sexuelles s’était libérée avec le hashtag #BalanceTonPorc, rapidement devenu viral, dans le sillage de la vague #MeToo, lancée aux États-Unis par l’actrice Alyssa Milano.

Prix de la Meilleure réalisation avec son film J’accuse, également récompensé du César des Meilleurs costumes et de la Meilleure adaptation, le réalisateur franco-polonais Roman Polanski, qui a boycotté la cérémonie, est toujours poursuivi par la justice aux États-Unis.

À l’annonce de ces récompenses, l’actrice Adèle Haenel, qui incarne un nouvel élan du mouvement #MeToo en France, depuis qu’elle a accusé en novembre le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements répétés" quand elle était adolescente, a quitté la cérémonie, en dénonçant une "honte".

La romancière Virginie Despentes a signé une tribune lundi dans Libération pour dénoncer les récompenses remises à Roman Polanski et saluer le geste d’Adèle Haenel. D’autres, comme Fanny Ardant ou Isabelle Huppert, ont à l’inverse critiqué la virulence qui s’est exprimée à l’égard de Roman Polanski, affirmant que "le lynchage est une forme de pornographie".

Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 05/03/2020