Eric Feferberg / POOL / AFP

Violences et pédopornographie : les annonces de Macron

Il a appelé à combattre toutes formes de violence faite aux enfants, sujet qui doit "mobiliser toute la société".

À l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, France Inter et Konbini s’associent à l’UNICEF et consacrent une journée spéciale : "Les enfants d’abord !"

À l’occasion des 30 ans de l’anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant qui se tient à l’Unesco à Paris, Emmanuel Macron a annoncé vouloir durcir les sanctions pour consultation d’images pédopornographiques, instaurer un contrôle parental par défaut sur Internet et renforcer le contrôle d’âge pour l’accès aux sites pornographiques. 

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"Lever un tabou est un combat culturel. Protéger nos enfants, c’est leur apprendre à dire, leur apprendre à faire respecter leur corps", a déclaré le chef de l’État. 

"Il faut accepter de dire que ce n’est pas parce que c’est dans la famille, que tous les droits sont permis et que tous les silences sont autorisés", a-t-il poursuivi devant 400 enfants et 600 acteurs du monde associatif, estimant que "les pouvoirs publics ont une forme de droit d’ingérence" quand il s’agit des enfants.

Aujourd’hui, en France, on estime qu’un enfant meurt tous les cinq jours en raison de la violence de ses parents, qu’un jeune est victime d’une agression sexuelle toutes les trois minutes et qu’entre 8 000 à 10 000 mineurs se prostituent. Ces chiffres sont probablement en deçà de la réalité à cause du silence qui entoure ce sujet. 

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Le durcissement des sanctions pour consultation d’images pédopornographiques

Pour protéger les enfants des "personnes potentiellement dangereuses", Emmanuel Macron a annoncé que les peines pour la consultation d’images pédopornographiques seraient portées à cinq ans. Ainsi, les personnes condamnées pour ce délit (400 par an environ) seront inscrites automatiquement au Fijais (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et interdites de travailler auprès d’enfants.

"Les personnes qui dirigent des crèches, des écoles, des clubs de sport, des associations agréées, non seulement pourront mais devront consulter ce fichier quand elles embauchent quelqu’un", a-t-il précisé.

Pour lutter contre l’exposition à la pornographie, il a donné six mois aux "acteurs de l’internet" pour "mettre en place un contrôle parental par défaut", plutôt qu’une option volontaire comme c’est le cas actuellement, et réclamé que les sites pornographiques renforcent les contrôles d’âge des internautes.

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Un combat européen voire international pour en finir avec les violences faites aux enfants

On estime qu’un enfant est exposé à la pornographie à 13 ans pour la première fois. Or, "on n’emmène pas un enfant quand on le promène dans la rue dans un sex-shop à 13 ans", a justifié le chef de l’État.

Pour que ce combat devienne européen, voire international, il a demandé au secrétaire d’État à l’Enfance, Adrien Taquet, "de lancer des travaux avec ses homologues pour aboutir en 2020 à une nouvelle déclaration de politique internationale sur la protection des enfants dans le monde numérique".

Ces mesures font partie d’un plan triennal qui prend la suite d’un premier plan sur ce sujet lancé en 2017 par la précédente mandature.

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Il comporte six objectifs et 22 actions pour "libérer la parole" des enfants, "les protéger" et "porter attention aux victimes", selon Adrien Taquet. 

Le 119, numéro gratuit "Allo enfance en danger", verra en 2020 ses moyens augmentés de 8 % pour recruter cinq nouveaux écoutants et ainsi pouvoir répondre immédiatement aux nombreux appels reçus, et une "unité d’accueil pédiatrique" sera créée dans chaque département d’ici à la fin du quinquennat. 

Le plan prévoit en outre d’expérimenter un numéro d’aide pour les personnes attirées sexuellement par les enfants. 

Konbini News avec AFP

Par Lila Blumberg, publié le 20/11/2019

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