Vidéo : j'ai appelé un numéro vert pour m'informer, on a tenté de me dissuader d’avorter

Un témoignage et des enregistrements pour le moins édifiants...

Dans le contexte de pandémie de Covid-19, il est toujours possible d’avoir accès à l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Des mesures exceptionnelles ont d’ailleurs été mises en place par le gouvernement. En effet, l’IVG est possible par méthode médicamenteuse jusqu’à 7 semaines de grossesse ou 9 semaines après le début des dernières règles (au lieu des 5 semaines de grossesse ou 7 semaines après le début des dernières règles) et par méthode instrumentale sous anesthésie locale ou générale jusqu’à 12 semaines de grossesse.

Toutefois, dans ce contexte, les femmes souhaitant avorter peuvent rencontrer des obstacles majeurs tels que des transports limités pour se rendre à leurs consultations médicales (à noter que certaines sont désormais possibles en téléconsultation) ou au centre IVG.

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C’est ce à quoi Anne-Laure, 25 ans, a été confrontée après avoir découvert qu’elle était enceinte avant le confinement. Pour obtenir des informations sur la possibilité pour elle de se rendre à son centre IVG situé à plus d’une heure de chez elle, elle a cherché sur Internet un numéro vert d’information. Anne-Laure a, sans le savoir, contacté un numéro vert mais n’ayant aucun lien avec le gouvernement… Elle raconte comment son interlocutrice a pu, selon elle, tenter de la dissuader d’avorter.

Nous avons contacté ce même numéro avec un profil similaire au sien. Et, les réponses à nos questions ont été sensiblement identiques au discours rapporté par la jeune femme.

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Notre interlocutrice, se présentant comme "complètement neutre", a notamment répondu à nos inquiétudes sur les considérations financières liées à une grossesse en expliquant : "J’ai horreur de dire ça, mais je suis désolée quand on n’a pas de revenus, un bébé rapporte de l’argent."

Décrivant l’avortement comme quelque chose de "tellement dur", notre interlocutrice nous a invités à nous interroger sur la pertinence de qualifier la possibilité d’avorter comme une "chance" : "Est-ce que c’est une chance ? Voilà la question. De supprimer une petite chose, un petit fœtus que vous avez dans le ventre. Est-ce que c’est une chance ?"

Contacté par nos équipes, le site ivg.net nous a répondu :

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"Je fais bien sûr les plus extrêmes réserves sur ce prétendu 'témoignage d’une dame' qui se serait 'trompée' de numéro de téléphone ! Cela ressemble plus à une provocation ou un fake qu’à un sincère et véritable échange car nous avons l’habitude d’en avoir 'en vérité' avec les jeunes femmes en questionnement. Enfin les 'propos' que vous nous prêtez dans votre email peuvent facilement être caricaturaux ou même à contre-sens quand ils sont détachés du contexte d’un vrai dialogue."

Face aux questionnements, au manque d’informations et à l’aide dont certaines femmes peuvent avoir besoin pour faire face à leur avortement, il est possible de se tourner vers le numéro d’information du gouvernement sur l’IVG au 0 800 08 11 11. C’est un numéro gratuit et accessible en métropole et dans les DOM, disponible de 9 heures à 20 heures du lundi au samedi pour répondre à toutes vos questions sur les sexualités, la contraception et l’IVG. Pour plus d’information, le site d’information du gouvernement : ici.

Par Lila Blumberg, publié le 22/04/2020