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Vidéo : avec l’allocation adulte handicapé, l’amour a un prix

Publié le

par Astrid Van Laer

À gauche : © Noémie Coissac / Hans Lucas via Reuters Connect – Au milieu : © Konbini news – À droite : © Raphael Kessler / Hans Lucas via Reuters Connect

"Si tu es handicapé et que tu veux être en couple ou marié, tu vas le payer."

Aujourd’hui en France, l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) est calculée en fonction des revenus du conjoint. Victime de cette situation, Stéphanie Simon, représentante départementale de l’APF France handicap atteinte d’une maladie neuromusculaire, se bat depuis plusieurs années pour que ce mode de calcul soit modifié.

Cette mère de famille mariée depuis 23 ans, à laquelle on a suggéré de faire un faux divorce pour toucher son allocation, nous explique son combat et revient sur cette relation de dépendance que cela instaure dans un couple, qu’elle juge parfois humiliante.

Stéphanie tient également à rappeler que ce mode de calcul et la relation de dépendance qui en découle accroissent les risques encourus par les personnes handicapées d’être victimes de violences sexuelles ou conjugales, alors qu'elles sont déjà plus susceptibles de l’être.

Par le biais du site Le prix de l’amour, un appel à témoignages a été lancé pour recueillir des témoignages de personnes victimes de cette dépendance financière. Une pétition lancée sur le site du Sénat en septembre dernier, intitulée "Désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux adultes handicapés", avait recueilli le nombre de signatures nécessaires, dépassant le seuil des 100 000 signataires, pour que ce mode de calcul soit examiné par le Sénat.

Si elle a récemment été adoptée par chambre en première lecture, l’individualisation de cette allocation est loin d’être votée définitivement, et le gouvernement a par ailleurs dit à plusieurs reprises son opposition à ce qu’elle le soit. Le secteur associatif craint que son adoption n’ait pas eu lieu avant 2022 et qu’un nouveau mandat ne réduise les progrès faits ces dernières semaines à néant. Une pétition en ce sens a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. Elle est disponible ici.