AccueilSociété

Vaccination, saturation des hôpitaux : sommes-nous prêts pour la cinquième vague ?

Publié le

par Clothilde Bru

© BSIP / Getty images

"On est déjà en difficulté."

Ce mercredi 24 novembre, un Conseil de défense sanitaire s’est réuni à l’Élysée pour décider de mesures afin de limiter les effets de la reprise épidémique de Covid-19 en France. Olivier Véran, ministre de la Santé, présentera dès demain de nouvelles mesures, parmi lesquelles "l’accélération" de la vaccination et le "renforcement du pass sanitaire".

Plusieurs voyants sont en effet au rouge. Pour la première fois depuis trois mois, le seuil des 30 000 nouveaux cas journaliers a été franchi cette semaine.

Chez plusieurs de nos voisins européens aussi, le ciel s’est sérieusement assombri, au point de prendre des mesures radicales. L’Autriche a ainsi annoncé un nouveau confinement la semaine dernière. Il y a deux semaines, un couvre-feu a été décrété aux Pays-Bas. Aux États-Unis, c’est la situation de l’Allemagne qui inquiète, comme le rapporte France 24.

Tous ces pays ont des taux de vaccination inférieurs au nôtre. En France, près de 90 % de la population âgée de plus de 18 ans a reçu au moins deux doses, selon les données publiées sur le site du ministère de la Santé et des Solidarités. Pour autant, en France aussi, le début d’une nouvelle vague se fait sentir.

© https://covidtracker.fr/

© https://covidtracker.fr/

En effet, le système hospitalier français n’est pas du tout dans le même état qu’en mars 2020, lors de la première vague. "On n’a jamais connu ça. On a des lits fermés un peu partout avec un risque d’aggravation parce qu’on demande encore plus au personnel resté sur place. Ils nous disent : 'On ne tiendra pas'", confirme Rémi Salomon.

Qui sont ces patients de la cinquième vague ? Pour Nathan Peiffer-Smadja, il y a plusieurs groupes de "mal protégés" : "Les non-vaccinés qui font des formes sévères, les personnes qui sont vaccinées depuis plus de six mois, et les immunodéprimés, les transplantés, les personnes avec des maladies chroniques sévères…"

"Même si la proportion de cas graves est plus faible du fait de la vaccination, cette dernière ne protège pas à 100 %", rappelle le professeur Salomon. Par ailleurs, on estime qu’environ 6 millions de Français n’ont toujours pas commencé leur schéma vaccinal.

Troisième dose et gestes barrières

"C’est urgent. Le virus est partout. Pour l’instant, il n’y a pas assez de personnes qui ont fait un rappel, c’est clair", tranche le médecin spécialiste des maladies infectieuses.

Le gouvernement semble avoir compris l’importance de ce point. Le 9 novembre dernier, Emmanuel Macron a rendu la troisième dose obligatoire pour les plus de 65 ans : "À partir du 15 décembre, il vous faudra justifier d’un rappel pour prolonger la validité de votre passe sanitaire." Cette obligation pourrait s’étendre in fine à l’ensemble de la population.

Ce lundi, la contamination de Jean Castex a mis en lumière deux autres aspects clés de cette cinquième vague. Tout d’abord, l’importance du respect des gestes barrières, mais aussi l’épineuse question de la vaccination des enfants. Pour rappel, c’est sa fille qui aurait transmis le virus au Premier ministre.

Chargement du twitt...

"Il va falloir vacciner les enfants. Il était logique d’attendre un peu, les cas graves étant exceptionnels", explique Rémi Salomon, qui dirige le service de néphrologie pédiatrique de l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il invoque "l’effet altruiste de la vaccination" et prend l’exemple des États-Unis, où les enfants se font déjà vacciner.

En résumé, si nos hôpitaux n’étaient pas dans un tel état de délabrement, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter. Mais faute de mesures de sauvetage et quatre vagues de Covid-19 plus tard, "l’hôpital est à genoux", selon Nathan Peiffer-Smadja. Il ne nous reste qu’une chose à faire : "Éviter d’aller à l’hôpital en respectant les gestes barrières et aérant régulièrement les lieux clos", tranche Rémi Salomon.

À voir aussi sur news :