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États-Unis : Trump jubile après la validation de son "muslim ban" par la Cour suprême

Si vous avez un passeport yéménite, syrien, libyen, iranien ou encore somalien, il va falloir annuler vos vacances à Vegas.

"La Cour suprême maintient le décret Trump. Wow." C’est un Donald Trump triomphant qui a commenté mardi 26 juin la décision rendue par la Cour suprême des États-Unis sur le très controversé décret migratoire surnommé "Muslim ban" ("décret anti-musulmans") par ses détracteurs.

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Contre toute attente, la plus haute juridiction américaine a estimé que ce décret avait été publié en toute légalité par le président des États-Unis. La Cour suprême a estimé qu’il "ne constituait en rien une discrimination à l’encontre de la religion musulmane en dépit de la composition de la liste des pays ciblés", comme le rapporte Le Monde.

Ce décret interdit l’accès au territoire américain aux ressortissants de cinq pays musulmans : le Yémen, la Syrie, la Libye, l’Iran et la Somalie. Les habitants de la Corée du Nord sont également visés ainsi que certains responsables officiels du Venezuela.

Une promesse électorale de Donald Trump

Manifestement pas satisfait de la limite des 280 caractères sur Twitter, le président des États-Unis s’est également fendu d’un communiqué de presse pour faire état de son "éclatante victoire."

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"Moment de clarté, après des mois de commentaires hystériques de la part des médias et des démocrates qui refusent de prendre les décisions nécessaires à la sécurité de nos frontières et de notre pays."

Depuis sa promulgation en janvier 2017, le texte a été retoqué à de multiples reprises par des cours de justice à travers le pays (à Hawaï, en Californie, dans le Maryland et en Virginie). Interdire aux musulmans l’accès aux États-Unis était d’ailleurs une promesse électorale du candidat Donald Trump.

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"Malgré le terrible attentat de Bruxelles aujourd’hui, l’incompétente Hillary voudrait que les frontières soient faibles et ouvertes – et laisser les musulmans rentrer. Jamais de la vie !"

L’administration Trump comptait initialement bloquer l’accès aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, pour une durée de trois mois : l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen, et ce pour éviter l’arrivée de "terroristes islamistes radicaux."

C’est la troisième mouture du texte qu’examinait la Cour suprême des États-Unis. Une version dans laquelle ne figuraient plus le Tchad et le Soudan. En revanche, dans la liste des pays blacklistés on trouve désormais la Corée du Nord – au risque de fâcher Kim Jong-un. D’aucuns diraient que c’est pour retirer à ce texte l’étiquette "antimusulmans" qui lui collait à la peau.

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Certains alliés de Washington exemptés

Le décret a été réécrit pour la dernière fois en septembre dernier, bien avant la rencontre au sommet entre les deux dirigeants Trump et Kim. Notons que l’Afghanistan, le Pakistan ou encore l’Arabie saoudite ne figurent pas sur cette liste, malgré les liens de ces pays avec plusieurs auteurs d’attentats aux États-Unis. Ces trois pays sont en effet des alliés de Washington, comme le rappelle Le Monde.

Quelles conséquences aura ce décret pour les ressortissants de ces pays ? A priori, ils ont interdiction de pénétrer sur le territoire américain. Toutefois, des dérogations sont prévues, comme l’explique le Guardian. Les citoyens des pays sur la liste noire peuvent demander un visa dans des cas très particuliers : une intervention médicale, une visite à un membre proche de la famille ou pour des obligations professionnelles.

Le seul espoir de renverser ce jugement est désormais dans les mains du Congrès – même si ce scénario reste très improbable. La chambre est en effet en majorité composée d’élus républicains acquis à la cause de Donald Trump.

Par Clothilde Bru, publié le 27/06/2018

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