Prison Salvador (c) Konbini news

Une Salvadorienne libérée après 15 ans de prison pour fausse couche

Au Salvador une fausse couche est souvent considérée comme un avortement, qui est lui-même considéré comme un meurtre.

La Salvadorienne Maira Figueroa a été libérée mardi 13 mars après avoir passé 15 ans derrière les barreaux pour une fausse couche, considérée par la justice comme un homicide. C’est la deuxième libération dans ce type d’affaire après celle emblématique de Teodora Vasquez.

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Le Salvador compte la législation anti-avortement parmi les plus strictes du monde : le Code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d’avortement mais dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un "homicide aggravé", puni de 30 à 50 ans de réclusion.

Maira Figueroa, 34 ans, est sortie mardi matin (heure locale) de la prison pour femmes située à l’est de San Salvador, la capitale, a constaté un journaliste de l’AFP. "Je suis heureuse d’être avec ma famille", a déclaré à la presse cette femme condamnée en 2003 à 30 ans de prison, avant que sa peine ne soit finalement commuée par la justice tout récemment.

À l’époque, Maira était âgée de 19 ans et était tombée enceinte après avoir été violée. Cette employée domestique avait été victime plusieurs mois après d’une hémorragie sur son lieu de travail, puis transférée à l’hôpital où le bébé est décédé.

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Elle "a été arrêtée et accusée d’avoir provoqué la fausse couche", a expliqué dans un communiqué le collectif Regroupement citoyen pour la légalisation de l’avortement, à l’origine du recours devant la justice du Salvador.

Il s’agit de la deuxième Salvadorienne à bénéficier de ce type de mesure cette année, après la libération le 15 février de Teodora Vasquez qui venait de passer 11 ans en prison pour une fausse couche.

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Mais il reste encore 26 femmes incarcérées au Salvador pour fausse couche, "en vertu des lois salvadoriennes draconiennes sur l’avortement", a récemment dénoncé Amnesty International, qui a appelé à leur libération.

Konbini avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 15/03/2018

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