Salaires : un index de notation pour garantir l'égalité entre femmes et hommes

Les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent rendre leurs données publiques dès aujourd'hui.

(© Getty Images)

En principe, les écarts de salaire entre les hommes et les femmes sont interdits. Ça, c'est la théorie. Parce qu'en pratique, les entreprises ne respectent pas du tout la loi.  

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Les femmes sont payées en moyenne 25 % de moins que les hommes. À poste et âge égaux, ce chiffre tombe à 9 %. Mais quand même. C'est pourquoi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, ont décidé de mettre en place un index en novembre dernier.

D'une "obligation de moyens" on passe ainsi à "une obligation de résultats", comme le signale Libération. On vous explique. 

À partir d'aujourd'hui, les quelque 1 400 entreprises de plus de 1 000 salariés doivent publier leurs chiffres sur la question. Chacune d'entre elles va se voir attribuer une note calculée grâce à un barème qui repose sur 5 critères.

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D'abord, il y a l’écart de salaire entre les femmes et les hommes noté sur 40. C'est le plus important. Pour toucher les 40 points, il faut avoir 0 % de différence de salaires entre les femmes et les hommes. Ensuite, la probabilité pour les femmes d’obtenir une augmentation est notée sur 20. Puis les chances d’être promue et les augmentations au retour de congé maternité valent respectivement 15 points chacune. Enfin le nombre de femmes parmi les dix plus hauts postes de l’entreprise permet de récolter 10 points. 

75 points sur 100 minimum

Il faut avoir 75 points minimum pour passer le test. Si toutes les entreprises sont censées publier leur index ce vendredi, le gouvernement va se montrer flexible. "Nous ne savons pas encore combien d’entreprises seront en mesure de publier leur index dès le 1er mars", explique un représentant du ministère du Travail à La Croix. 

Certaines entreprises n'ont toutefois pas pu résister au plaisir de partager leur barème en avance. Ainsi la Maif a affiché fièrement sa note de 99 sur 100, comme le raconte le quotidien national. 

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Que se passe-t-il si on a moins de 75 ? Les entreprises au score inférieur auront trois ans pour se mettre en conformité. En cas d'échec, elles devront payer une amende correspondant à 1 % de leur masse salariale brute.

À terme, ce dispositif devrait être graduellement étendu à toutes les entreprises. Selon LCI, les entreprises de 250 salariés devront s'y conformer dès le 1er septembre prochain ; elle seront suivies le 1er mars 2020 par les sociétés de 50 salariés.

 

Par Clothilde Bru, publié le 01/03/2019

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