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Une élue japonaise révoquée par référendum après avoir accusé un maire de viol

Publié le

par Astrid Van Laer

Kusatsu, Japon. © Jung-Pang Wu / Getty Images

Ses homologues masculins ont jugé que ses propos nuisaient à "la dignité" du conseil municipal.

Une élue locale japonaise, qui a accusé le maire de sa ville de viol, a été évincée par un référendum à l’appel des autres conseillers municipaux, qui jugeaient que ses accusations nuisaient à la réputation de la cité.

Shoko Arai, 51 ans, a accusé l’an dernier le maire de Kusatsu, localité réputée pour ses sources thermales à 150 km au nord-ouest de Tokyo, de l’avoir forcée à avoir une "relation sexuelle" avec lui dans son bureau plusieurs années auparavant.

Elle a dénoncé les faits lors d’une conférence de presse, expliquant avoir été trop effrayée pour porter plainte à ce moment-là.

Shako Arai avait alors été exclue une première fois par ses pairs, qui jugeaient que ses propos "scandaleux" avaient nui à "la dignité" du conseil municipal, mais la décision avait été annulée par les autorités départementales.

Shako Arai "ne se laissera pas intimider"

Les élus locaux ont par la suite récolté suffisamment de signatures pour organiser un référendum, a rapporté la chaîne de télévision publique japonaise NHK. "Le référendum a eu lieu suivant la loi. Nous voulons travailler à restaurer la réputation souillée de notre ville", a déclaré un porte-parole de la municipalité à la NHK.

Il a précisé à l’AFP que "2 542 des 2 835 votants se sont prononcés en faveur de la révocation" de la conseillère, sur 5 283 électeurs inscrits au total.

Shako Arai, qui était la seule femme élue au conseil municipal de Kusatsu, a jugé la décision "injuste" et déclaré qu’elle "ne se laissera[it] pas intimider par la pression du pouvoir", a rapporté le quotidien Asahi.

Le maire Nobutada Kuroiwa, aujourd’hui âgé de 73 ans, "m’a soudain attirée vers lui, m’a embrassée et m’a poussée à terre", "je n’ai pas pu le repousser", avait-elle raconté à la presse l’an dernier.

Nobutada Kuroiwa a déposé plainte pour diffamation, réfutant les accusations au motif que la porte et les rideaux de son bureau étaient ouverts ce jour-là.

Konbini news avec AFP

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