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Un an après le référendum d’autodétermination, la Catalogne reste profondément divisée

Unionistes et indépendantistes continuent de s’affronter.

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Accéder à Barcelone ce lundi 1er octobre était compliqué. Une voie de TGV et plusieurs routes étaient bloquées au matin par des militants séparatistes. L’objectif ? Marquer le coup, un an après le référendum d’autodétermination qui a plongé la province espagnole dans le chaos.

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Le 1er octobre 2017, le monde entier avait les yeux rivés sur la Catalogne. Son président Carles Puigdemont appelait les Catalans aux urnes. 2,3 millions d’électeurs se déplaçaient dans les bureaux de vote afin de répondre à la question suivante : "Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous la forme d’une république ?" malgré les tentatives de la police nationale pour les en empêcher.

Les scènes d’affrontements parfois violentes entre les policiers et les électeurs ont fait le tour du monde, mettant en cause la police aux ordres de Madrid. Malgré un fort taux d’abstention, la victoire écrasante du "oui" à 90 % a fait l’effet d’un électrochoc. Mais la consultation était illégale, interdite par la Constitution espagnole.

Ignorant les avertissements de Madrid, Carles Puigdemont proclamait finalement l’indépendance de la Catalogne, avant de fuir pour la Belgique où il est encore réfugié aujourd’hui. Neuf leaders indépendantistes sont aujourd’hui incarcérés sur les treize poursuivis.

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Un an plus tard la Catalogne n’a toujours pas pansé ses plaies. Ce week-end, plusieurs manifestations ont eu lieu. D’un côté les Catalans qui militent encore pour l’indépendance de leur région, de l’autre les "unionistes" rassemblés pour soutenir la police.

Des divisions au sein même du camp indépendantiste

Des heurts ont à nouveau éclaté entre des policiers et des contre-manifestants séparatistes. Un an après, la société catalane reste très divisée sur la question. Depuis plusieurs semaines la guerre des "rubans jaunes" fait rage. En soutien aux leaders indépendantistes emprisonnés, des manifestants accrochent régulièrement des rubans jaunes un peu partout dans les rues, sur les arbres, ou devant les bâtiments publics. À la nuit tombée les unionistes se rassemblent pour les décrocher.

Toutefois ce serait mentir que de dire que rien n’a changé en un an. À l’échelle nationale le conservateur Mariano Rajoy a laissé la place au socialiste Pedro Sánchez. Exilé en Belgique, Carles Puigdemont a désigné Quim Torra, un autre séparatiste convaincu, comme successeur. Si Pedro Sánchez se veut moins sévère que son prédécesseur - il a levé la tutelle que Madrid exerçait sur la Catalogne depuis l’automne dernier - il reste opposé à la tenue d’un nouveau référendum.

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Début septembre, il a proposé d’organiser une consultation sur un nouveau statut de la région qui lui garantirait plus d’autonomie, une proposition rejetée par les indépendantistes.

De son côté, Carles Puigdemont a réaffirmé son intention de ne rien lâcher. L’ancien président de la Catalogne a créé cet été un nouveau parti politique indépendantiste : l’Appel national pour la République. Sur place au sein même du camp indépendantiste, les désaccords entre les plus modérés qui veulent abandonner la voie unilatérale, et les plus radicaux minent les négociations, plongeant la région dans une impasse politique.

Par Clothilde Bru, publié le 01/10/2018

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