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Turquie : les étudiants ayant participé à la marche des fiertés relaxés

Publié le

par Astrid Van Laer

Istanbul, juin 2019. © TUBA KARA / AFP

Ils encouraient jusqu'à trois ans d'emprisonnement, selon Amnesty International Turquie.

Vendredi, dix-huit étudiants et un universitaire turcs, poursuivis pour avoir organisé et participé à une marche des fiertés en mai 2019 à Ankara, ont été relaxés, a indiqué leur avocat.

"Le droit a été respecté", s'est félicité l'avocat de la défense, Me Öykü Didem Aydin, jugeant que "tout cela n'aurait jamais dû arriver".

"Dans sa décision, le tribunal a jugé qu'une personne devait être condamnée à une amende pour avoir insulté les forces de l'ordre et les autres prévenus ont été relaxés en raison de l'absence d'élément criminel", a détaillé Amnesty International Turquie.

Les étudiants de la prestigieuse Université technique du Moyen-Orient (ODTU) d'Ankara, qui comparaissaient libres, encouraient jusqu'à trois ans d'emprisonnement, selon l'ONG.

En 2019, pour la première fois depuis 2011, la direction de l'université avait interdit ce rassemblement. Certains participants avaient été interpellés après que la police eut fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux avait montré des policiers s'en prendre violemment à des manifestants.

"Campagne de haine"

Si l'homosexualité n'est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l'homophobie y est en revanche répandue et se manifeste notamment par des agressions et des meurtres, selon des ONG. Après une spectaculaire marche des fiertés qui avait réuni en 2014 plus de 100 000 personnes à Istanbul, les autorités turques l'ont interdite année après année, officiellement pour raisons de sécurité.

Les associations LGBT dénoncent une "campagne de haine" menée depuis des années à leur encontre par le gouvernement turc, au risque d'encourager les violences contre une communauté particulièrement vulnérable.

Ces dernières années, de nombreux événements concernant la communauté LGBT ont été interdits par les autorités locales turques, qui invoquent généralement les possibles provocations et les "sensibilités sociales"

Konbini news avec AFP

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