© JOEL SAGET / AFP

Trottinettes électriques : Hidalgo annonce de nouvelles mesures pour les encadrer à Paris

Les accidents graves causés par ces engins se sont multipliés ces dernières semaines.

Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h : la maire de Paris, Anne Hidalgo, a égrené jeudi plusieurs mesures pour mettre un terme aux nuisances causées par les trottinettes électriques, responsables de plusieurs accidents.

"Je vais proposer dès demain [vendredi, ndlr] au Préfet de police de signer ensemble un arrêté qui interdit le stationnement des trottinettes électriques sur tous les trottoirs", a déclaré au cours d’une conférence de presse la maire PS. Désormais, ces engins "devront stationner sur les places de stationnement situées sur la chaussée et déjà utilisées par les voitures et les deux-roues motorisés", a-t-elle précisé.

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En outre, la maire de Paris propose "aux opérateurs que toutes les trottinettes électriques voient leur vitesse bridée à 20 km/h dans tout Paris et à 8 km/h dans les aires piétonnes et les zones de rencontre", où la circulation des voitures n’est pas interdite mais où, dans les faits, les piétons peuvent circuler sur la chaussée.

Les trottinettes seront également "interdites dans tous les parcs et jardins" de la capitale, et "le port du casque" sera recommandé. La maire de Paris a déclaré vouloir "que l’essentiel de ces mesures soit en vigueur dès début juillet".

"Ce n’est plus possible"

Apparues il y a un an, les trottinettes, qui sont évaluées à environ 20 000 dans les rues de la capitale, sont devenues un véritable casse-tête pour la mairie de Paris, faute de loi pour les réguler.

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"Ce n’est plus possible" de continuer ainsi, a souligné Mme Hidalgo, qui avait déjà adopté une série de mesures, dont la verbalisation à hauteur de 135 euros en cas de circulation sur les trottoirs.

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Comme Bordeaux, Lyon ou Strasbourg, Paris attend l’adoption du projet de loi mobilités (LOM), actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, qui permettra aux villes de réguler les nouveaux moyens de transport en libre-service tels que les trottinettes, les vélos ou les gyropodes.

D’ici l’adoption de cette loi "qui créera enfin le cadre légal dont nous avons besoin", Anne Hidalgo a demandé aux douze opérateurs de "ne pas augmenter leur flotte".

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Bien qu’aucun décompte officiel n’existe – en attendant la mise en place prochaine d’un "observatoire de la sécurité routière, associant la Préfecture de Police et l’AP-HP" pour mesurer l’accidentologie –, de récents accidents impliquant une mère et son bébé, ou une pianiste, ont défrayé la chronique. 

"Aucune assurance" 

"Il y a une quarantaine de dossiers de victimes de trottinettes par jour", a affirmé à l’AFP Maître Michel Benezra, qui représente quatre accidentés.

Et qui dit accident, dit responsabilité et assurance. Un des accidentés s’est ainsi aperçu "que les opérateurs ne prévoyaient aucune assurance tant pour les conducteurs de trottinettes que pour les victimes", a ajouté l’avocat. "Sous prétexte d’avoir un nouveau mode de transport écologique, la mairie de Paris a laissé se développer ces opérateurs […] sans contrôler", a-t-il dénoncé.

"La mesure la plus importante aurait été d’obliger les différents loueurs à souscrire à des assurances", a également estimé Maître Fanny de Beco. D’autant que "le fonds de garantie [actuellement utilisé pour dédommager] pose des conditions de nationalité ou de résidence" qui "pourraient exclure du dédommagement des touristes".

Bruno Chahal s’est cassé le col de l’humérus en quatre morceaux après avoir trébuché à cause d’une trottinette abandonnée au milieu de la chaussée. "Ma hantise, c’est de me faire bousculer par une trottinette", a confié ce médecin quinquagénaire à l’AFP.

L’opposition à Mme Hidalgo a dénoncé l'"incapacité viscérale" de la mairie "à anticiper les grands mouvements et écouter le terrain", selon la présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) Florence Berthout, qui dit recevoir chaque jour de nombreux "messages, mails, appels pour des accidents de trottinettes".

"Au-delà des seules questions de sécurité, nous devons imposer des exigences sociales et environnementales", a pour sa part souligné Nicolas Bonnet Oulaldj, chef de file des communistes à Paris.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 06/06/2019

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