229 ans après la Révolution, des gilets jaunes réunis devant le Jeu de Paume

Lors d’un point presse, ils se sont dits "plus mobilisés que jamais".

Le 20 juin 1789, des députés du Tiers état firent le serment de ne pas se séparer tant qu’une nouvelle Constitution donnant plus de pouvoir au peuple n’aurait pas été adoptée. C’est devant ce lieu chargé de symboles que des gilets jaunes ont choisi d’organiser leur point presse.

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Certains gilets jaunes ont affirmé jeudi 13 décembre que la mobilisation se poursuivrait samedi 15 décembre, rejetant l’appel du gouvernement à suspendre la mobilisation et prenant leurs distances avec d’autres figures plus modérées qui jugent que "le temps du dialogue" est arrivé.

Les gilets jaunes sont "plus mobilisés que jamais", a assuré l’un d’eux, Maxime Nicolle, alias Fly Rider sur les réseaux sociaux, lors d’un point presse organisé devant la salle du jeu de Paume à Versailles, un des hauts lieux de la Révolution de 1789.

À ses côtés se trouvaient Priscillia Ludosky, qui avait lancé la pétition contre la hausse des taxes sur les carburants à l’origine de la contestation, et une vingtaine d’autres "gilets jaunes". Ils ont notamment appelé le gouvernement à aller plus loin dans la baisse des impôts et taxes, disant les Français "épuisés par une pression fiscale colossale", et à accepter le principe de référendum d’initiative populaire.

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Dans un communiqué, ils avaient jugé "insuffisantes" les mesures annoncées lundi soir par Emmanuel Macron pour tenter d’apaiser la contestation, notamment la hausse de 100 euros par mois pour les travailleurs au Smic. "Ces mesures ne reflètent en rien une vraie volonté d’améliorer le pouvoir d’achat, de répartir la charge des taxes sur tous les acteurs et ne donnent pas non plus place à la voix du citoyen", écrivent-ils.

"C’est au gouvernement d’assurer la sécurité des citoyens"

Ils ont pour cela soumis aux internautes quatre propositions : l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne, la création d’une assemblée citoyenne, la baisse des taxes sur les produits de première nécessité, et la "réduction significative" des salaires gouvernementaux.

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Toutes sont plébiscitées par les dizaines de milliers de visiteurs sur leur site, affirment-ils. Dans la matinée, le gouvernement a appelé les gilets jaunes à être "raisonnables" après l’attaque meurtrière de mardi soir à Strasbourg et à "ne pas manifester".

"Depuis combien de temps y a-t-il un risque d’attentat sur le territoire ?", s’est demandé Maxime Nicolle, interrogé sur l’opportunité de manifester après l’attaque qui a fait au moins trois morts et 13 blessés à Strasbourg. "C’est au gouvernement d’assurer la sécurité des citoyens", a-t-il souligné. "Fly Rider" avait suscité la controverse en mettant en doute le caractère terroriste de la fusillade de Strasbourg.

D’autres figures des gilets jaunes ont eux estimé ces derniers jours qu’il fallait négocier avec le gouvernement. Après les annonces de M. Macron, Jacline Mouraud, l’une des porte-parole des "gilets jaunes libres", a ainsi appelé à "une trêve", en saluant "des avancées".

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Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 13/12/2018

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