© Bertrand GUAY / AFP

Une trêve de la grève pour Noël ? Pour la CGT des cheminots, c'est "hors de question"

À moins que le gouvernement ne retire son projet de réforme : "S’il agit ainsi, le conflit peut s’arrêter très vite".

"C’est hors de question" : dans une interview accordée au Monde, le secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots Laurent Brun a balayé d’un revers de main la possibilité d’une trêve de la grève pour Noël. Deux issues sont possibles selon lui : soit le gouvernement fait machine arrière et retire son projet de réforme des retraites et la grève cesse, soit il persiste et les trains ne rouleront pas pour les fêtes.

Édouard Philippe a pourtant exhorté les grévistes à "prendre leurs responsabilités", en vain. Dans un entretien accordé au Parisien, le Premier ministre avait appelé à l’arrêt de la grève, ou au moins à une trêve, arguant : "Noël, c’est un moment important. Et il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment".

Publicité

Même son de cloche du côté du patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Dans une vidéo envoyée en interne à ses salariés, il a demandé à "ceux qui sont dans le mouvement de réfléchir à faire une pause pendant les fêtes". Du côté de l’opposition politique, même pour la présidente du Rassemblement national Marine le Pen, vivement opposée à la réforme, une trêve est indispensable. "Même pendant la guerre, si je puis me permettre cette référence, on faisait la trêve de Noël. Il faudrait que cette trêve soit respectée", a-t-elle assuré sur Europe 1.

"Une grève reconductible qui fait une trêve, cela n’existe pas"

Mais pas question, donc. "Ce genre d’idée, c’est de la fumisterie et cela montre une vraie méconnaissance du fonctionnement social", a-t-il plaidé. Ce dernier a expliqué au quotidien qu’il s’agissait avant tout d’une question de crédibilité :

"Nous aussi, nous sommes favorables à un arrêt de la grève avant Noël. Le gouvernement dispose d’une semaine pour annoncer le retrait de son projet et s’il agit ainsi le conflit peut s’arrêter très vite.

Mais dans le cas contraire, c’est hors de question. Une grève reconductible qui fait une trêve, cela n’existe pas."

Publicité

Avant d’ajouter : "Vous imaginez vraiment qu’au bout de vingt jours de pertes de salaire les grévistes vont s’arrêter comme ça ?". Laurent Brun compte beaucoup sur la journée du 17 décembre, où une manifestation nationale doit avoir lieu : il l’espère "d’ampleur" afin de faire reculer le gouvernement sur son projet de réforme et ainsi, peut-être, mettre fin à la grève qui dure depuis onze jours maintenant.

Par Astrid Van Laer, publié le 16/12/2019