(Photo by Thomas SAMSON / AFP)

"Trahison" : Marine Le Pen persiste et signe sur le Traité d’Aix-la-Chapelle

Au risque de relancer la machine à fake news.

"Trahison" le mot est lâché à la fin de cette vidéo de près de trois minutes postée ce vendredi 18 janvier sur Twitter par Marine Le Pen.

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La présidente du Rassemblement national fait référence au Traité de coopération entre la France et l’Allemagne qui doit être signé à Aix-la-Chapelle en Allemagne mardi 22 janvier par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, "le jour des 56 ans du Traité de l’Élysée signé en 1963 par de Gaulle et Adenauer," comme le rappelle La Croix.

Depuis plusieurs jours, ce traité fait l’objet de nombreux fantasmes. Tout a commencé par une vidéo Le Traité d’Aix-la-Chapelle : nouvelle trahison de la nation publiée sur YouTube le 11 janvier dernier par Bernard Monot, un député européen ancien membre du Front national.

Selon lui, Emmanuel Macron s’apprêterait à céder L’Alsace et la Lorraine à L’Allemagne. Elle a depuis été supprimée. Malgré les nombreux articles publiés par nos confrères spécialisés dans le fact-checking, Marine Le Pen revient aujourd’hui sur certaines inexactitudes.

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Dans cette petite vidéo face caméra, elle commence par fustiger ce texte "mondialiste", "européiste". Elle attire ensuite l’attention des "patriotes" sur "deux mesures qui montrent que nos dirigeants ne croient plus dans la France et qu’ils organisent la vente à la découpe de notre pays", reprenant le vocabulaire complotiste de ceux qui prêtent à ce texte tous les maux.

Les deux mesures en question

Selon elle, ce traité aura pour effet de mettre l’Alsace "pour une part sous la tutelle de l’Allemagne". Et d’expliquer : "Il est prévu d’y favoriser le bilinguisme c’est-à-dire imposer l’allemand à l’école ou dans l’administration."

Or comme le rappellent nos confrères de LCI ce n’est pas exact. Le traité prône un "apprentissage mutuel de la langue de l’autre" dans chacun des pays, attachés à "l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers." Le gouvernement dément également l’affirmation selon laquelle ce traité ferait de l’allemand la langue administrative de la région.

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Ensuite le texte aurait selon la députée RN, pour effet de permettre à Emmanuel Macron de partager son siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies avec l’Allemagne.

C’est faux, comme l’explique dans le détail Le Monde :

"Contrairement à ce que la députée d’extrême droite laisse entendre, ce texte n’évoque en rien la composition du Conseil de sécurité de l’ONU. Une telle décision nécessiterait en réalité de réviser la charte des Nations unies."

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L’Allemagne pourrait bien intégrer ce club très fermé, mais ce n’est pas du ressort de ce traité. En attendant, elle siégera comme membre non permanent en 2019, pour un mandat de deux ans, et en assurera la présidence en avril.

Et de conclure : "En signant ce traité en catimini comme il l’avait fait avec le traité de Marrakech, organisant la submersion migratoire de l’Europe, Emmanuel Macron commet un acte qui relève de la trahison."

Il y a quelques semaines ce dernier avait déjà été un véritable générateur à fake news. Le signe qu’il faut se méfier ?

Par Clothilde Bru, publié le 18/01/2019

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