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Thaïlande : PETA dévoile des images de l'exploitation de singes cueilleurs de noix de coco

Publié le

par Astrid Van Laer

© PETA

De nombreuses enseignes se sont depuis engagées à ne plus vendre de produits issus de ces types de récoltes.

"Enchaînés et rendus fous" : l’association de défense des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) vient de révéler des images de singes dressés pour cueillir des noix de coco, en Thaïlande. Dans une enquête de la branche asiatique de PETA, publiée le 3 juillet dernier, l’association, qui a visité huit exploitations, pointe du doigt les conditions d’exploitation de nombreux primates.

Ceux-ci cueillent et fournissent de la coco servant à la fabrication de produits en vogue, tels que l’huile de coco ou l’eau de coco, vendus dans les supermarchés du monde entier. En plus d’être forcés de travailler neuf heures par jour pour cueillir jusqu’à 1 000 noix de coco, ils sont parfois enfermés dans des cages, affirme PETA.

L’association dénonce également que le fait que ces singes sont "illégalement enlevés de leur famille et de leur milieu naturel alors qu’ils ne sont que des bébés". Elle poursuit : "Ils sont munis de colliers métalliques rigides et sont gardés enchaînés ou attachés jusqu’à ce qu’ils ne soient plus utiles à l’industrie de la noix de coco". Avant d’ajouter :

"Privés de la possibilité de se déplacer librement, de sociabiliser avec les autres ou de faire quoi que ce soit d’important pour eux, ces animaux intelligents perdent lentement la tête. Poussés au désespoir, ils font les cent pas et tournent en rond sans fin sur les parcelles de terre sans aménagement et jonchées de détritus où ils sont enchaînés."

Plusieurs grandes enseignes appellent au boycott

En outre, PETA rappelle que des alternatives à ces méthodes sont possibles :

"D’autres régions productrices de noix de coco – notamment le Brésil, la Colombie et Hawaï – récoltent ces fruits en utilisant des méthodes humaines, telles que des ascenseurs hydrauliques montés sur tracteur, des grimpeurs humains volontaires, des systèmes de cordes ou de plateformes, des échelles ou bien, ils plantent des cocotiers nains."

De son côté, le gouvernement thaïlandais semble soutenir ces exploitations. D’après le Bangkok Post, Boonyarit Kalayanamit, le secrétaire permanent du Commerce, a assuré que "les propriétaires de singes n’avaient pas abusé ni exploité les animaux qui avaient été dressés sans cruauté pour cueillir des noix de coco". Il a également ajouté :

"Cependant, le ministère est prêt à inviter des diplomates étrangers à visiter des plantations de noix de coco et à voir comment les singes ramassent les noix de coco, afin qu’ils comprennent que ce n’est pas de la cruauté envers les animaux [comme l’assure PETA, ndlr]."

Somjai Sae Kow, propriétaire d’une école formant les singes, a pour sa part assuré au journal que les singes n’étaient plus capturés dans la nature et qu’ils ne travaillaient pas tous les jours. Quant à Chaowalit Chusaneh, un propriétaire de singes, ce dernier affirme qu’il n’y a aucune maltraitance et que les singes "sont traités comme des membres de la famille".

Quoi qu’il en soit, depuis ces révélations, de nombreux magasins, "16 000 à travers le monde", d’après PETA, ont pris l’engagement de cesser de vendre des produits provenant des fermes mises en cause. Parmi eux figurent notamment les géants Tesco et Waitrose. Des décisions qualifiées de "victoire" par l’association à l’origine de la diffusion de ces images.

L’association One Voice a, quant à elle, créé un système de labellisation, afin de permettre aux consommateurs de s’assurer que les produits qu’ils achètent sont issus d’un modèle de production éthique et ne résultent pas de l’exploitation d’animaux. Il existe un label en particulier, le label C, qui permet particulièrement d'"identifier les produits sans exploitation des singes pour la récolte des noix de coco".

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