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"Terroristes" : le président Erdogan s’en prend aux étudiants contestataires et aux LGBT+

Publié le

par Hugo Gabillet

© Adem ALTAN / AFP

"LGBT, il n’y a rien de tel. Ce pays est patriotique et moral", a déclaré le président turc.

Depuis un mois, la Turquie est secouée par une vague de contestation étudiante contre un recteur. Après avoir comparé les étudiants protestataires à des "terroristes", Recep Tayyip Erdogan s’en est de nouveau pris au mouvement LGBT+, affirmant qu’il était incompatible avec les valeurs turques :

"Nous ne considérons pas que ces jeunes qui sont des membres d’organisations terroristes ont véritablement les valeurs nationales et morales de notre pays."

"Êtes-vous des étudiants ou des terroristes tentant d’occuper le bureau du recteur ?", a-t-il ajouté. Le président turc a également affirmé que les autorités n’accepteraient pas une transformation de la contestation étudiante en manifestations antigouvernementales, rappelant celles de 2013, connues sous le nom de mouvement de Gezi, qui l’avaient visé à l’époque où il était Premier ministre.

"LGBT, il n’y a rien de tel"

Les droits des personnes LGBT+ sont devenus une revendication de la contestation, après l’arrestation de quatre étudiants accusés d’avoir insulté l’islam pour avoir organisé une exposition artistique incluant la représentation d’un site sacré orné de drapeaux arc-en-ciel, symbole du mouvement.

"LGBT, il n’y a rien de tel. Ce pays est patriotique et moral. Nous avançons vers l’avenir avec ces valeurs", a déclaré le chef d’État turc. Les États-Unis ont pour leur part "condamné fermement […] la rhétorique" contre les minorités sexuelles en Turquie.

La nomination d’un recteur contestée

La nomination, au début de l’année par le président turc, d’un recteur proche du pouvoir à la tête de la prestigieuse université du Bosphore a été l’élément déclencheur du mouvement de contestation.

Mardi, la police turque a arrêté plus de 170 personnes participant à de nouvelles manifestations, qui ne montrent aucun signe d’essoufflement en dépit de la répression de plus en plus brutale des autorités.

Les liens passés du nouveau recteur, Melih Bulu, avec le parti de Recep Tayyip Erdogan et sa nomination sans consultation du conseil d’administration de l’université avaient suscité la consternation.

"Des serpents venimeux dont les têtes doivent être écrasées"

Les manifestants réclament la démission de Melih Bulu, ainsi que la libération des quatre étudiants de l’université du Bosphore, arrêtés pour avoir organisé l’exposition incluant le tableau controversé.

S’en est suivie la fermeture du club LGBT de l’université. Jugeant le tableau insultant envers l’islam, le chef du Parti d’action nationaliste et des responsables turcs, notamment le président et son ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu, ont multiplié ces derniers jours les déclarations virulentes envers les personnes LGBT.

Mercredi, le principal partenaire de Recep Tayyip Erdogan au sein de la coalition informelle au pouvoir, s’en est lui aussi violemment pris aux étudiants contestataires. "Ce sont des serpents venimeux dont les têtes doivent être écrasées", a déclaré mercredi le chef du Parti d’action nationaliste, Devlet Bahçeli.

"Je ne pense absolument pas à démissionner. Je m’attendais dès le départ à ce que cette crise puisse prendre six mois pour être résolue et ce sera ainsi", a affirmé Melih Bulu au journal Habertürk. "Je suis une personne qui défend les droits et les libertés des LGBT", a-t-il en outre assuré.

L’arrestation de centaines d’étudiants a provoqué un tollé chez les partis de l’opposition. Le maire d’Ankara, Mansur Yavas, élu de l’opposition qui prend d’habitude le soin de rester à l’écart des polémiques, a appelé dans une lettre ouverte, Melih Bulu à démissionner : "Je vous appelle à démissionner pour rétablir le calme dans les universités et éviter la polarisation dans notre pays."

Konbini news avec AFP

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