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Tensions à Dijon : les pouvoirs publics excluent tout laxisme

Publié le

par Konbini News

© Philippe DESMAZES / AFP

"Les populations n'ont en aucun cas été abandonnées", selon Laurent Nuñez.

Fallait-il intervenir plus tôt et plus fort après les inédites opérations de représailles de Tchétchènes à Dijon ? Les pouvoirs publics se défendent de tout laxisme, alors que le maire de la ville plaide pour un renforcement de la présence policière.

Venu sur place assurer les policiers de son soutien, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a promis mardi "une réponse extrêmement ferme" après les incidents qui ont secoué ce week-end une ville généralement paisible. "Je veux passer un message très clair aux voyous que nous avons vu exhiber des armes […] : notre réponse sera extrêmement ferme", a lancé Laurent Nuñez à sa sortie du commissariat.

Mardi soir, "il y aura à Dijon deux unités de forces mobiles", soit près de 150 fonctionnaires ou militaires de la gendarmerie en plus des effectifs locaux, a-t-il ajouté, précisant qu'"ils seront présents autant de fois qu’il le faudra". Lundi, un renfort de 110 gendarmes mobiles avait déjà été dépêché.

Laurent Nuñez s’est par ailleurs dit "très fier" de l’action des forces de l’ordre. "Les forces de l’ordre ne sont pas restées en retrait ; c’est complètement inexact !" Dans la nuit, le préfet de Bourgogne Franche-Comté, Bernard Schmeltz, s’était déjà défendu de tout laxisme. "Encadrer et encercler pour éviter les exactions : c’était la seule stratégie praticable", avait-il déclaré à l’AFP. "Les populations n’ont en aucun cas été abandonnées", a-t-il assuré, après des interrogations sur la passivité des forces de l’ordre lors des trois expéditions punitives menées vendredi, samedi et dimanche soir par des Tchétchènes voulant venger l’agression d’un des leurs.

Lundi, de nouveaux incidents ont éclaté dans le quartier des Grésilles, mais sans implication de Tchétchènes, selon les premières constatations. Des véhicules et poubelles ont été brûlés, une équipe de France 3 Bourgogne agressée (elle a porté plainte), ainsi qu’un autre conducteur, selon la préfecture. Quatre personnes ont été interpellées.

Le maire socialiste sortant de Dijon, François Rebsamen, a dénoncé le manque de moyens des policiers, face à quelque 200 Tchétchènes, munis de barres de fer, battes de base-ball et parfois, d’armes à feu. "Puisque la justice passe trop tard et que la police n’a pas les moyens de son action, la communauté tchétchène est venue faire respecter elle-même son droit", a analysé le maire, en campagne pour un quatrième mandat.

Face à ces groupes, imposants et lourdement armés, les forces de l’ordre étaient en sous-nombre avant l’arrivée des renforts lundi, souligne une source policière. "Le choix de ne pas aller au contact s’explique aussi par la présence de bandes avec du vrai armement et le risque d’aller au clash et de surajouter de la tension. En face, il y a 200 ou 300 personnes qui ne se laisseront pas interpeller. Le rapport de force n’était pas favorable avec les effectifs policiers présents initialement à Dijon", a indiqué cette source à l’AFP.

"Certains vont vouloir faire porter la responsabilité de la situation à la police nationale", regrette David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa), mais "en face, il y a des gars, nombreux, qui paradent avec des armes réelles", a-t-il souligné. Pour le syndicaliste, les événements de Dijon répondent aux critiques sur le surarmement de la police. "La semaine dernière, des politiques appelaient à désarmer la police (dans le contexte de dénonciation des violences policières). Avec la situation de Dijon, on a la démonstration que les choses ne peuvent pas être si simples."

La polémique s’est vite placée sur le terrain politique, Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) pointant "le chaos", tandis qu’Éric Ciotti (LR) évoquait "presque un théâtre de guerre". À Dijon, on craint que les scènes du week-end ne déclenchent un embrasement des banlieues. À Chenôve, commune à la périphérie de la ville, 18 véhicules ont été brûlés dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué le maire Thierry Falconnet.

"Je ne comprends pas comment on peut laisser une situation partir de la sorte, avec des renforts policiers conséquents déployés sur le territoire", a-t-il expliqué sur France Bleu Bourgogne. "Nous avons demandé des moyens conséquents pour nos quartiers, ça n’a pas été entendu", a-t-il regretté.

Konbini news avec AFP

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