© Thomas Barwick / Getty Images

Témoignage : me confiner avec mon crush, de la période d’essai au CDI

On n'a pas trop réfléchi à ce que ça impliquait de vivre ensemble, mais finalement, on est comme un couple !

Lundi soir. Soirée sympa avec mon crush, que je fréquente depuis un mois : il est top, on s’apprécie bien ! Et soudain : annonce du confinement.

Mon père étant une personne à risque, je ne peux pas rentrer dans ma famille. Je dois rester à Lyon. On était tous les deux sans trop savoir quoi faire… Ceci dit, j’ai un appart assez grand et je ne veux pas rester seule. Résultat des courses : après quelques hésitations, il décide de rester avec moi.

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Le lendemain matin, avant midi, on passe chez lui chercher quelques affaires. Il prend sa télé, sa Play, des bouquins, sa machine à café, son ordi, des habits, de la nourriture, une machine à raclette… et hop ! Il emménage chez moi.

On est passés du trois fois par semaine à 24 heures sur 24 ensemble. De la période d’essai au CDI, sans transition.

Bref, on est devenu un petit couple

Aurais-je un jour imaginé vivre avec un crush après seulement un mois de relation ? Non, mais on n’a pas trop réfléchi. Un peu naïfs, on se disait que deux semaines, ce n’était pas énorme. On avait juste oublié que ça impliquait de vivre le quotidien de l’autre, alors même que l’on apprenait à se découvrir.

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On essaie de garder des moments d’intimité chacun. Ayant du travail, on respecte des moments seuls pour avancer sur nos mémoires de recherche. On coupe parfois, pour se recentrer sur nous-même ; ne penser qu’à soi et ne plus penser pour deux.

Ensemble, on se retrouve aux repas, au café et le soir. On fait du sport, des pauses, on souffle, on discute jusqu’à pas d’heure. On fait les courses, la cuisine, on boit un coup et on se chamaille aussi. Bref, on est devenu un petit couple ! Finalement, on a l’impression d’habiter ensemble depuis plusieurs années.

Parfois, j’ai envie d’être seule, pour de vrai !

Progressivement, on se découvre, on entre dans la vie et l’univers de l’autre. On appréhende mieux sa manière de réagir, on anticipe davantage ses réponses. En le voyant débarquer avec sa Play et sa télé, je pensais que c’était "vital", mais je me suis bien trompée !

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Il aime se poser et regarder ses séries, écouter des débats de société, de philosophie, de politique, il est hyper curieux et n’hésite pas à écouter des sketchs pendant qu’il fait la vaisselle. Moi, je bouquine pas mal et je suis redevenue accro aux Sims, mais finalement, il y joue tout autant que moi et délaisse sa Play pour jouer à l’architecte.

Au repas, pour lui, impossible de faire sans fromage ou sans viande. J’essaie tout de même d’équilibrer tout ça avec ma "touche de légumes". Je suis très sportive, lui moins, mais… il s’est mis au sport aussi, histoire de se défouler !

Bon, j’avoue, parfois, j’ai mes crises. J’ai mes coups de speed, mes angoisses. J’ai besoin de tout nettoyer, tout contrôler. Je repasse derrière lui, je demande plus de place dans le lit et j’ai envie d’être toute seule pour de vrai !

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Je n’ai pas l’habitude d’être avec quelqu’un 24 heures sur 24, enfermée. Surtout sans savoir jusqu’à quand !

On prend nos repères et on se serre les coudes

On se prépare tous les jours et on cherche à se plaire, mais assez vite, j’ai besoin d’être dans mes joggings. Oust le maquillage des premiers rencards, je suis moi-même dans mon quotidien !

On a chacun nos coups de blues, mais pour le moment, rien à signaler. On rigole, on se parle beaucoup et quand on veut souffler, on le dit. La cohabitation est légère, d’autant plus qu’on sait que l’on se réveillera l’un à côté de l’autre ! C’est comme quand on est enfant en colonie de vacances pendant plusieurs jours avec un garçon que l’on apprécie, ça passe ou ça casse !

Pour le ménage, on partage. Un petit souci à noter sur ses habits, qu’il oublie de ranger et les cheveux dans l’évier. Mais après l’avoir dit plusieurs fois, je laisse couler. Un peu d’humour et tout est arrangé. Après tout, il peut se sentir à l’aise aussi et ce n’est pas plus mal comme ça.

Le confinement est prolongé… Rien de bien surprenant, le contrat également ! J’ai encore sûrement beaucoup de surprises à découvrir et de rigolades garanties. On prend nos repères et on se serre les coudes, sans trop se poser de questions. Est-ce qu’on va s’aimer "sur une étoile ou sur un oreiller" ?

Pour le moment, je ne sais pas, mais on s’apprécie bien en étant confinés. Donc, isolée ou maquée, ma réponse est donnée !

Inès, 23 ans, étudiante, Lyon

Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la Zone d’Expression Prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

Par La Zep, publié le 06/04/2020