© Ilenia Urso / EyeEm / GettyImages

Témoignage : je suis vierge et pour les autres, c’est un problème

J’ai 18 ans et j’ai décidé de rester vierge. Assumer ce choix et faire face aux remarques de mes proches, c’est difficile.

Depuis la quatrième, des garçons me proposent de se voir pour ça, mais j’ai toujours refusé de les laisser me prendre ma virginité tant que je n’étais pas amoureuse et posée avec eux. Au début, mes amis comprenaient que je ne veuille pas, on n’était qu’au collège. Petit à petit, chacun a perdu sa virginité et ils ont commencé à m’inciter à le faire.

La plupart ne voient pas les choses comme moi, alors forcément, ils ne comprennent pas. On m’a souvent reproché de ne pas vouloir le faire, en particulier en arrivant au lycée : "T’es juste une coincée du cul ; t’es tellement vieux jeu ; tu vis dans un monde de bisounours ; t’es une gamine." Ces critiques, je les recevais de mon entourage, parfois très proche.

Publicité

En terminale, je suis partie en soirée et un garçon que je ne connaissais même pas voulait qu’on couche ensemble. Mais j’ai dit non. Alors une de mes amies m’a dit que je finirai seule si je continuais à refuser à chaque fois.

Elle m’a dit que j’essayais de me donner un genre, du style "fille inaccessible". Cela ne m’a pas plu car je pensais qu’elle me connaissait, et qu’elle savait que je ne suis pas le genre de fille qui n’assume pas sa vraie nature. Alors je me suis éloignée d’elle.

Pour eux, je suis LA vierge, la "fille inaccessible"

Il y a eu aussi un garçon que j’aimais vraiment bien mais à qui j’ai toujours dit non pour coucher : tout ce qui l’intéressait, c’était mon corps. Ça a duré un an et demi. Il a souvent essayé de me convaincre de le faire : "C’est pas un drame de vouloir profiter de la vie."

Publicité

Il m’a sorti cette phrase il y a seulement quelques jours au cours d’une discussion où, tout comme maintenant, j’essayais de lui expliquer pourquoi je refuse toujours de le voir en privé, pourquoi je lui refuse toujours ma virginité.

Il m’a bien fait comprendre que pour lui, c’est juste pour s’amuser, que ça n’engage à rien. Alors qu’au contraire, pour moi, c’est comme un engagement et ça changerait la relation entre deux personnes. Je ne peux tout simplement pas agir comme si c’était banal.

Avant, j’assumais d’être vierge. Mais plus je grandis, plus les gens le voient du mauvais œil. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’essaie quand même de m’assumer, d’assumer mes valeurs et mes convictions. Le sexe est quelque chose à prendre au sérieux et, ma virginité, je la donnerai à quelqu’un qui la méritera. Les critiques que je reçois ne me laissent pas indifférente mais, après tout ce temps, ce n’est pas maintenant que je vais aller à l’encontre de mes valeurs.

Publicité

C’est mon corps, j’en fais ce que je veux

Mon entourage devrait comprendre qu’il ne faut pas forcer les gens à faire ce qu’ils ne veulent pas faire juste sous prétexte qu’ils ne le comprennent pas. Et surtout, profiter de la vie ne se résume pas forcément au sexe, je m’amuse très bien même si je suis encore vierge. Profiter de la vie, c’est faire de la boxe, sortir avec mes amies, profiter de ma famille. Tant que je suis heureuse, personne n’a rien à redire.

Ce n’est pas grave si je suis toujours vierge, peu importe mon âge, c’est mon corps, j’en fais ce que je veux et je choisis qui peut le toucher ou non, et quand cette personne le fera.

Elisabeth, 18 ans, étudiante, Mantes-la-Ville

Publicité

Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la Zone d’Expression Prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

Par La Zep, publié le 22/10/2019

Copié

Pour vous :