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Témoignage : deux mois sans réseaux sociaux, je me suis éloignée du "faux" !

Publié le

par La Zep

Image d’illustration. © Gian Cescon / Unsplash

Passer environ 5 heures par jour sur les réseaux sociaux, c’était le quotidien de Capucine. Elle a réussi à couper, pour sa santé.

En plein après-midi, j’ai désinstallé mes applis en un clic. L’envie m’est venue d’un seul coup. Bye bye Charli d’Amelio, bisous Léna Situations, et bonjour l’ennui. C’est ce que je pensais. Mais je me plantais. Genre vraiment.

Mes réseaux sociaux, je les ai abandonnés pendant presque deux mois. Aux alentours des fêtes de fin d’année, j’ai juste désinstallé Instagram et TikTok, mais je vous jure, pour une addict comme moi, c’est déjà beaucoup ! Je devais passer au moins trois heures par jour sur TikTok et un peu moins sur Instagram, alors que j’allais en cours et que j’avais des journées bien remplies. Et encore, je vous épargne le mercredi après-midi et le week-end.

Mes parents m’ont remis les yeux en face des trous : "Capucine, t’es clouée à ton lit, vissée à ton téléphone, tu fous rien et quand on te parle, tu nous envoies bouler !" Ou encore : "Pourquoi t’es si désagréable avec nous ? On va te priver de ton portable et t’obliger à parler à ta famille." Alors, je l’ai fait de moi-même.

J’avais remarqué que passer autant de temps sur un écran sans bouger ou, du moins, seulement les doigts pour swiper vers le haut, me faisait mal dormir. Moi qui suis connue pour sombrer dans un sommeil profond !

Le matin, j’étais de mauvaise humeur et je passais mes nerfs sur mes parents qui n’avaient rien demandé. Ma santé mentale en prenait aussi un coup : j’étais irritée beaucoup plus facilement et agressive lorsqu’on me posait simplement une question.

"Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire maintenant ?"

Tout cela accumulé, de mes sautes d’humeur à mon affaiblissement physique, m'a poussée à me priver de mes réseaux préférés pour mon bien et celui de mon entourage. Ce fut l’une de mes meilleures décisions, même si au départ je n’en avais pas conscience.

J’ai quand même gardé WhatsApp et YouTube pour avoir un minimum de connexion avec le monde qui m’entoure. Avoir une coupure si brutale avec ma sociabilité n’était pas nécessaire, il fallait surtout que j’enlève les réseaux où je passais le plus clair de mon temps sans le voir passer.

"Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire maintenant ?" Quand j’étais sur mon portable, je regardais des danses TikTok, parfois je les apprenais, ou bien je regardais les Stories Instagram des influenceuses dans lesquelles elles faisaient la promotion de produits futiles avec leur "-20 % avec le code xxxx20". Ça me bourrait le crâne de choses inutiles mais je regardais quand même. C’était devenu un réflexe de cliquer sur la petite icône de la Story non vue.

Sur ces réseaux, je tombais toujours sur des vidéos ou photos de filles aux corps parfaits, aux visages parfaits et à la vie parfaite. J’avais beau me répéter que ce n’était pas la réalité mais seulement l’image que ces filles voulaient donner, je ne pouvais pas m’empêcher de me comparer et je finissais par complexer. Sans m’en rendre compte, ça me rongeait et effaçait mon peu de confiance en moi.

Sans Instagram, mon esprit s’est automatiquement allégé

Quand je n’ai plus eu à faire face à ces images qui me déprimaient, mon esprit s’est automatiquement allégé. Je pensais que les premiers jours de "cure" allaient être ennuyeux, mais absolument pas. J’ai enfin pris du temps pour faire du tri ou bien finir un livre commencé depuis trois mois…

Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie. Et pour preuve, quand j’ai réinstallé Instagram au bout d’un mois et demi pour voir un peu ce qui se passait de ce côté-là, mon humeur a tout de suite chuté vers la déprime.

Alors, je me suis imposé une limite de temps à passer dessus : trente minutes. Je discute maintenant avec mes amis et regarde certaines Stories, après avoir fait un gros tri dans mes abonnements. J’ai enlevé tous les influenceurs, et gardé les artistes ou personnes que j’admire. Je vais donc sur mon fil d’actualité l’esprit léger car je ne risque pas de tomber sur des mannequins incroyablement bien foutues, mais seulement sur des choses que j’aime.

Je n’ai pas remis TikTok depuis que j’ai arrêté. Sur ce réseau, même si je m’impose une limite comme sur Instagram, je pourrais passer des heures et des heures à faire défiler les vidéos sans les voir passer. C’est dommage parce qu’il y a plein de tutos ou des inspirations vestimentaires sympas, mais il y a aussi tout le côté toxique où l’algorithme privilégie les vidéos de jeunes filles sexualisées…

Je ne me suis pas ennuyée comme je le craignais

Cette cure m’a permis de me découvrir une passion pour la broderie que je n’aurais pu soupçonner si je n’avais pas supprimé mes réseaux. Elle m’a aussi permis de me rendre compte de tout le temps libre que je possède dans ma journée mais que je laissais filer.

Je ne me suis pas ennuyée comme je le craignais. Bien au contraire, j’ai découvert une autre façon de me divertir. Je me suis épanouie, je dors mieux, je ne suis plus désagréable et agressive (je l’espère en tout cas) et surtout, aucun manque ne s’est fait ressentir : je n’ai pas vu ces presque deux mois défiler.

Capucine, 15 ans, lycéenne, Paris.

Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la zone d’expression prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

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