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Témoignage : avant, pour moi, être grosse c’était la fin du monde

Très complexée, Yasmine a passé son adolescence à essayer toutes sortes de régimes. Aujourd’hui, elle apprend à s’aimer.

Il y a quelques années, j’étais au fond du gouffre à cause de mes complexes. J’étais complexée par mon corps parce que j’étais plus grosse que les autres filles de mon âge.

La société a eu beaucoup d’impact en mettant toujours en avant des filles minces et belles sur les réseaux sociaux et dans les pubs. Même dans ma famille, j’étais la seule fille ronde. J’avais l’impression de ne pas rentrer dans les critères de beauté. Même si j’ai toujours été timide, ça m’a fait perdre totalement confiance en moi.

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Pour moi, être grosse, c’était la fin du monde. Je pensais que je n’aurais jamais d’amis à cause de ça et que personne ne s’intéresserait à moi.

Je n’osais pas m’habiller comme je le souhaitais. Pour moi, je devais mettre seulement des vêtements amples et larges pour me cacher. S’accepter tel qu’on est sans rien changer n’est pas facile, ça prend du temps et ça s’apprend au fil des expériences.

Même si c’était dangereux pour ma santé, je mangeais le moins possible

Je voulais absolument changer, peu importe le moyen. C’était pas forcément pour plaire aux autres ou se faire accepter. C’était déjà pour se plaire à soi-même et être heureux avec son corps.

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C’est le plus important. Je m’étais mise au sport. J’essayais d’en faire le plus souvent possible et je faisais des exercices au-dessus de mon niveau. En même temps, j’ai essayé tous les régimes absurdes connus sur Internet. Même si c’était dangereux pour ma santé, je mangeais le moins possible.

C’est surtout en voyant les filles de mon âge grandir mentalement, évoluer et changer que je me suis remise en question. Après tout ça, le soutien de ma mère m’a beaucoup aidée. Elle me disait que j’étais bien comme j’étais, que ce n’était pas mon surpoids qui faisait de moi une personne sans valeur.

On peut avoir des complexes, mais ça ne veut pas forcément dire qu’on ne s’aime pas, c’est juste une partie de nous qu’on n’apprécie pas. Qu’on puisse le changer ou non, on doit apprendre à passer outre. S’accepter, c’est s’aimer physiquement mais aussi moralement et on n’en parle pas assez.

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Je me suis dit que je voulais aussi évoluer et qu’il était temps de passer à autre chose. Vivre ma vie en faisant abstraction de l’opinion d’autrui. Aujourd’hui, j’apprends encore à m’accepter, même si j’ai beaucoup avancé.

Yasmine, 17 ans, lycéenne, Paris

Comme Yasmine, la mannequin Lalaa Misaki a mis du temps avant de parvenir à s’apprécier telle qu’elle est et s’habiller comme elle le souhaite. Retrouvez son témoignage :

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Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la Zone d’Expression Prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

Par La Zep, publié le 09/07/2019

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