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Strasbourg : la nouvelle maire abroge un arrêté anti-mendicité

Publié le

par Astrid Van Laer

Strasbourg. © FREDERICK FLORIN / AFP

"C'est la pauvreté qu'il faut combattre et non les pauvres", a déclaré l'élue écologiste.

Jeudi 30 juillet, la nouvelle maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a abrogé un arrêté anti-mendicité agressive, pris par son prédécesseur socialiste, jugeant qu’il "portait atteinte à la dignité des personnes", a annoncé la mairie dans un communiqué.

"Dans une ville où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est la pauvreté qu’il faut combattre et non les pauvres", a déclaré Jeanne Barseghian, estimant que cet arrêté "portait atteinte à la dignité des personnes et réduisait le droit et la jouissance des usages de la ville".

Face à cette pauvreté, la nouvelle maire, qui a devancé au second tour des municipales Alain Fontanel, candidat LREM soutenu par le maire socialiste sortant Roland Ries, annonce qu’elle souhaite renforcer "les moyens de l’équipe mobile de rue" et associer prévention, accompagnement social, médical et psychologique, traitement des addictions, recherche d’un logement et insertion sociale.

Une "faute politique"

"Une attention particulière sera portée au mobilier et aux aménagements urbains, afin de les rendre accueillants pour toutes et tous", souligne également le communiqué.

Ciblant trois secteurs du centre historique, cet arrêté anti-mendicité avait été pris à titre d’expérimentation en avril 2019 et s’appliquait jusqu’à la fin de l’été, puis à nouveau pendant le marché de Noël, de fin novembre à fin décembre, les deux périodes où l’affluence est la plus importante dans le centre-ville de Strasbourg.

Il interdisait, de 10 heures à 20 heures, l’occupation prolongée des voies publiques, qu’elle soit accompagnée ou non de sollicitation des passants, lorsqu’elle était de nature à entraver la libre circulation ou à porter atteinte à la tranquillité publique.

Ce texte avait profondément divisé la précédente majorité. Jeanne Barseghian, alors conseillère municipale, avait dénoncé dans une tribune cosignée avec d’autres élus et des militants associatifs "une faute politique".

Konbini news avec AFP

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