(c) Luis Alvarez via Getty Images

Sexisme, racisme, homophobie… une personne sur quatre a déjà été victime de discrimination au travail

Les propos sexistes et racistes sont les plus fréquents.

(© Luis Alvarez via Getty Images)

Voilà une étude à faire mentir ceux qui considèrent qu'"il est plus facile de réussir quand on est fils d’immigrés, noir et pédé." Comme chaque année le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT) ont publié leur Baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi en France. Une chose est sûre : être enfant "d’immigré", "noir" ou "pédé" ne facilite pas la vie.

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Si une personne sur quatre affirme avoir déjà été victime de propos stigmatisants ces cinq dernières années, certains segments de population sont plus touchés que d’autres, à l’instar des femmes et des personnes "perçues comme non blanches."

Il suffit de mettre ces deux chiffres en parallèle pour en prendre la mesure : alors que 54 % des femmes de 18 à 44 ans perçues comme non blanches ont déclaré avoir été victimes de propos ou de comportements discriminatoires, seuls 11 % des hommes de 35-44 ans perçus comme blancs ont fait l’expérience de situations similaires.

De même 23 % des femmes déclarent avoir été confrontées à des attitudes sexistes pour 6 % des hommes. L’étude souligne que les hommes homosexuels ou bisexuels, et les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes sont aussi régulièrement stigmatisés.

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Cette étude, réalisée du 18 février au 26 mai 2016 sur un échantillon de 5 117 personnes, révèle l’âpreté du monde du travail. Sexisme, racisme, homophobie, handiphobie… deux personnes sur trois ont déjà observé des comportements hostiles au travail. Plus de la moitié des personnes interrogées (56 %) a déjà été dévalorisée, cette dévalorisation pouvant aller du simple déni de reconnaissance jusqu’à l’attribution de tâches ingrates.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon rappelle qu’un recours est possible : "Les situations dans lesquelles les personnes subissent à la fois les trois attitudes hostiles observées [stigmatisation, discrimination, dévalorisation] dans l’enquête pourraient être qualifiées juridiquement de harcèlement discriminatoire."

Par Clothilde Bru, publié le 27/09/2018

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