(c) Agustin Marcarian/Getty Images

Séparation de l’Église et de l’État : des centaines de catholiques argentins se font débaptiser

Avortement, pédophilie… De nombreux catholiques argentins ne veulent plus dorénavant être associés à l’Église.

"Je crois en Jésus mais pas en l’Église catholique, elle ne me représente pas #ApostasieCollective."

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Samedi 18 août, dans plusieurs grandes villes argentines, des manifestants se sont donné rendez-vous pour un rassemblement un peu particulier : une apostasie collective, soit le fait de renoncer publiquement à sa religion.

C’est un gros revers pour l’Église, et plus particulièrement dans un pays comme l’Argentine, où 76 % des habitants se déclarent catholiques, selon RFI. Pour rappel, le pape François lui-même est originaire de Buenos Aires.

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"Allez retweete si tu crois que l’État devrait être séparé de l’Église"

Un foulard orange autour du cou en signe de ralliement, des centaines de citoyens argentins ont donc fait la queue pour remplir des formulaires d’apostasie.

Depuis que le Sénat a rejeté le 9 août dernier le projet de loi visant à légaliser l’avortement, la crispation des citoyens à l’encontre de l’Église s’est accrue. Curés, évêques et fidèles ont défendu avec ardeur ce qu’ils nomment "le droit à la vie", dans une campagne de lobbying parfois virulente.

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Au lendemain du vote contre le projet de légalisation de l’IVG (interruption volontaire de grossesse), des manifestants étaient déjà descendus dans la rue, cette fois avec des foulards verts pour protester contre cette décision. En Argentine, l’avortement est illégal sauf en cas de viol ou si la grossesse est dangereuse pour la femme enceinte.

Dans les colonnes du Monde, certains se sont dits révoltés par les scandales causés par des prêtres pédophiles, parfois couverts par leur hiérarchie. Dans une lettre adressée au "Peuple de Dieu", le pape a d’ailleurs "condamné avec force" les abus sexuels perpétrés par quelque 300 prêtres en Pennsylvanie, et couverts par l’Église catholique.

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Ces manifestants réclament désormais la séparation nette entre l’Église et l’État. Si l’Argentine est un pays laïc, l’article 2 de la Constitution stipule que le gouvernement "soutient le culte catholique apostolique romain", comme le rappelle RFI. En conséquence, les salaires des évêques et leurs retraites sont payés par l’État, et donc par les impôts. Ce qui représenterait un budget de 4 millions d’euros par an, selon un calcul du Monde.

Plusieurs centaines d’Argentins se sont donc massés samedi devant les tables installées par la Coalition argentine pour un État laïque (CAEL), une organisation qui milite pour la séparation entre l’Église et l’État, et qui a organisé cette apostasie collective. Selon Le Monde, l'organisation doit remettre les lettres d’apostasie le 24 août prochain à la Conférence épiscopale argentine.

Par Clothilde Bru, publié le 20/08/2018

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