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Sécurité routière : l’éthylotest antidémarrage, une alternative à la suspension de permis

Dès le mois de janvier 2019 les automobilistes sanctionnés auront le choix.

Conscient qu’une suspension de permis de conduire peut coûter cher à certains salariés, le gouvernement a réfléchi à une alternative. Dès le début de l’année prochaine, les automobilistes contrôlés avec un taux d’alcool compris entre 0,8 g/l et 1,8 g/l pourront choisir entre la suspension de leur permis ou l’installation sur leur véhicule d’un éthylotest antidémarrage (EAD).

Aujourd’hui, seulement quelques dizaines de milliers de véhicules – principalement des bus – sont équipés de cette technologie. Jusqu’alors, le préfet ne pouvait que suspendre le permis d’un contrevenant, qui ne se voyait proposer l’option EAD seulement des mois plus tard lors de son jugement.

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Désormais, il pourra être autorisé à continuer à conduire des véhicules équipés d’EAD, par décision préfectorale prise dans les trois jours.

Conçu comme l’appareil des forces de l’ordre, l’éthylotest antidémarrage mesure le taux d’alcool dans l’air expiré – c’est-à-dire qui sort des poumons. Si le conducteur est au-dessus de la limite autorisée il bloque le démarrage du véhicule.

Un dispositif cher à la charge du conducteur

Selon le porte-parole de l’association Prévention routière Christophe Ramond contacté par Konbini news, ces appareils judiciaires sont conçus pour éviter les fraudes :

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"D’une part il faut apprendre à souffler. L’appareil ne reconnaît que le souffle humain. D’autre part, une fois qu’on a démarré, au bout d’un temps aléatoire, l’appareil demande de s’arrêter dans un lieu sécurisé pour souffler à nouveau. En cas de comportements problématiques il peut se bloquer, et enregistrer toutes les anomalies."

Selon le porte-parole de Prévention routière, l’EAD présente aussi des vertus pédagogiques. Il sert notamment à éviter les récidives : "C’est un outil éducatif. Le conducteur garde la possibilité de conduire et d’aller travailler. Mais pour pouvoir conduire il lui faut modifier ses habitudes de consommation d’alcool," explique Christophe Romand.

Le seul hic, c’est le prix. L’installation d’un tel dispositif sera à la charge du conducteur. Selon Sud-Ouest il faut compter 1 300 euros, ou environ 100 euros par mois en location.

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“Aujourd’hui, les véhicules ne sont pas conçus pour des éthylotests antidémarrage. Il faut aller chez un installateur certifié lequel va faire un montage électrique sur le véhicule en fonction du modèle”, explique Christophe Ramond dont l’association milite pour que ce système soit prévu dès la construction des véhicules.

Ce point pourrait d’ailleurs faire prochainement l’objet d’un règlement européen.

Par Clothilde Bru, publié le 19/09/2018

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