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Russie : une militante féministe jugée pour avoir partagé des dessins de corps féminins

Publié le

par Lila Blumberg

© Yulia Tsvetkova’s post on social media – project « woman is not a doll »

Son procès s’ouvre aujourd’hui.

Le procès d’une militante féministe et LGBT russe, accusée de "diffusion de pornographie" pour avoir partagé des caricatures, a commencé lundi, a indiqué sur son site le tribunal jugeant l’affaire. Yulia Tsvetkova, 27 ans, encourt jusqu’à six ans de prison pour "fabrication et diffusion illégale de matériaux pornographiques" sur Internet.

Le procès, qui se tient à Komsomolsk-sur-l'Amour (Extrême-Orient), se déroule à huis clos car, officiellement, des images pornographiques y seront présentées. Dans ce cadre, la jeune artiste n’a par ailleurs pas le droit de communiquer sur le contenu de l’accusation.

Des dessins de femmes nues

Ses soutiens affirment qu’elle est poursuivie pour avoir publié en 2019 des dessins de femmes nues ou dénudées sur le réseau social russe VKontakte.

"Les femmes vivantes ont des poils sur le corps, et c’est normal !", indiquait la légende d’une de ces images montrant une femme nue avec des poils sur les jambes et le pubis. D’autres dessins, dans le cadre de ce projet intitulé La femme n’est pas une poupée, montraient une femme "avec du ventre, et c’est normal !" ou une autre avec des rides.

Cette affaire, ouverte en 2019, a été renvoyée à trois reprises par le procureur aux enquêteurs pour réexamen, avant d’être finalement confirmée en février dernier et transmise à la justice.

Dans le viseur des autorités russes depuis 2019

À deux reprises, Yulia Tsvetkova a été condamnée à une amende pour des œuvres considérées comme enfreignant une loi controversée qui punit la "propagande homosexuelle".

En juillet dernier, une enquête la visant a été ouverte pour le même motif après la publication d’un message hostile à la révision constitutionnelle voulue par le président Vladimir Poutine. L’un des amendements, approuvés lors d’un vote national, définit le mariage comme "l’union d’un homme et d’une femme" uniquement.

Lundi, sa mère, Anna Khodyreva, a dénoncé auprès de l’AFP la tenue du procès à huis clos, auquel elle n’a pas pu assister. "Tout est fait pour que nous ayons le moins d’informations possible", a-t-elle affirmé.

Dans un communiqué, l’ONG Amnesty International a dénoncé vendredi des "accusations ridicules et infondées" et a appelé la Russie à cesser "de viser les féministes, et d’autres militants LGBTI".

Konbini news avec AFP

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