La Russie lance la première centrale nucléaire flottante au monde

Greenpeace dénonce un "Tchernobyl flottant".

Pas sûr qu’il y ait vraiment de quoi se réjouir mais la Russie peut se targuer d’avoir lancé la toute première centrale nucléaire flottante. Baptisée Akademic Lomonosov en hommage à un scientifique russe du même nom, la barge de 154 m de long sur 30 m de large a finalement quitté le port de Saint-Pétersbourg où elle a été construite.

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Onze années de travail ont été nécessaires pour mettre au point la technologie de cette coque toute particulière, conçue pour accueillir deux petits réacteurs. À la fin du mois d’avril, l’Akademic Lomonosov a donc pris la direction de Mourmansk en mer de Barents où elle sera chargée en combustible (de l’uranium selon La Croix). Elle devrait ensuite prendre la direction de Pevek, une ville de Sibérie à l'Extrême-Orient de la Russie, afin de remplacer une centrale au charbon et une centrale nucléaire, construites dans les années 1960-1970, comme le rapporte Le Monde.

C’est un soulagement pour une partie des habitants de Saint-Pétersbourg, fermement opposés au projet. Selon Ouest-France plusieurs milliers de personnes avaient signé la pétition relayée par l’écologiste Alexander Nikitin, de la fondation Bellona.

Deux réacteurs sur trois dans le monde sont de technologie russe

Il est tout naturel que la Russie soit à l’origine de ce projet unique au monde, chapeauté par la célèbre entreprise Rosatom. Selon France Inter, deux réacteurs sur trois dans le monde sont de technologie russe. Ce n’est toutefois pas suffisant pour rassurer les organisations de protection de l’environnement qui sont très inquiètes - Greenpeace en tête qui dénonce dans un communiqué un "Tchernobyl flottant" voire un "Titanic nucléaire".

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Ce qui inquiète particulièrement l’ONG, c’est l’absence d’enceinte de confinement. Les Russes, au contraire, vantent la résistance de cette centrale aux séismes et aux tsunamis, tout en rappelant qu’elle a une capacité vingt fois moins importante qu’une centrale terrestre (35 MW contre 900 à 1 450 MW selon France Inter).

(© adege/Pixabay/CC)

Les organisations environnementales ne sont pas les seules à craindre pour ce projet : les gouvernements de la Norvège, de la Suède et de la Finlande ont également fait part de leurs inquiétudes.

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Une centrale portative, pour quoi faire ?

Quel est donc l’intérêt pour la Russie de se munir de ce petit groupe électrogène flottant ? C’est d’abord une question de portativité. Installée sur une barge, la petite centrale nucléaire peut être déplacée au gré des besoins. La Russie a des vues sur une zone en particulier. À la faveur du réchauffement climatique, il n’y aura bientôt plus de banquise en hiver et la Russie y voit l’opportunité de relier les océans Atlantique et Pacifique par l’Arctique.

Opérationnel à l’été 2019, l’Akademic Lomonosov devrait ainsi pouvoir alimenter les futures plateformes pétrolières. Selon Le Monde, d’autres projets du même type sont à l’étude en Chine et aux États-Unis.

Pas de doute : le nucléaire a encore de beaux jours devant lui…

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Par Clothilde Bru, publié le 07/05/2018

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