Rétention des copies du baccalauréat, les élèves sont inquiets

Et ils le font savoir sur Twitter.

Ce vendredi 5 juillet tous les élèves de terminal doivent avoir leurs résultats du bac. Un jour fatidique que tout le monde attend et redoute, et qui pourrait bien être perturbé par certains professeurs qui y voient une occasion de faire pression sur le gouvernement. 

"Répartis sur quelques disciplines dont la philosophie, l’histoire-géographie et d’autres matières scientifiques, des enseignants correcteurs ont annoncé une rétention des copies et des notes", révélait Libération lundi 1er juillet. 

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Environ 122 000 notes de copies du baccalauréat, sur 4 millions au total, n’ont pas été entrées dans le logiciel informatique hier mardi 2 juillet – soit la date butoir pour procéder à cette opération.

De quoi faire rétropédaler le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui l’avait pourtant assuré lundi : "Chacun aura ses résultats en temps et en heure."

Ce mercredi matin au micro de Jean-Jacques Bourdin, Jean-Michel Blanquer semblait nettement moins confiant et concédait : "Il y a un petit risque. On fait tout pour que ce ne soit pas le cas."

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Inquiets, les élèves ont fait part de leurs mécontentements sur Twitter.

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Si on peut comprendre le stress des candidats, des parents d’élèves ont toutefois apporté leur soutien au mouvement via une pétition qui a récolté près de 9 000 signatures. 

Une situation inédite ?

La menace de retenir les copies n’est pas nouvelle. En 2018 déjà, des professeurs de philosophie avaient appelé à employer cette méthode qui ne fait pas l’unanimité dans la profession. 

"Je doute beaucoup de l’efficacité de cette mesure, même s’il faut bien reconnaître qu’elle a le mérite de faire parler des vrais problèmes", confie Louis* professeur d’anglais à Vincennes, à Konbini news. 

Même son de cloche du côté d’Anne-Cécile Staman, professeur de français à Nice : "Je crains que ce soit trop marginal pour bloquer les choses".

Seuls 5 % des correcteurs pratiquent la rétention des copies, d’après Jean-Michel Blanquer qui tentait de minimiser cette initiative ce matin sur RMC. Selon lui, la mobilisation concerne surtout l’Île-de-France. 

Les deux professeurs que nous avons interrogés font partie de la majorité qui ne fait pas grève. L’un parce qu’il ne se sent pas pénalisé par la réforme du baccalauréat à l’origine de la fronde, l’autre "pour ne pas pénaliser les élèves." 

Que va-t-il se passer ? Selon France Bleu, l’Éducation nationale pourrait bien récupérer les copies de force, en mobilisant du personnel administratif pour récupérer les copies jeudi puis entrer les notes dans le logiciel. Cela veut-il dire que le ministère va dépêcher des agents au domicile des professeurs désobéissants ? 

Et d’ailleurs que risquent-ils ? Selon Jean-Michel Blanquer, les sanctions seront financières : "Toute personne qui ne rend pas les copies est considérée comme gréviste à partir du moment où on lui a remis les copies. Donc ça peut aller jusqu’à 15 jours de retrait de salaire."

*Le prénom a été changé.

Par Clothilde Bru, publié le 03/07/2019

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