(c) Alain JOCARD / AFP

Rétention des copies du bac : tout le monde aura ses résultats, mais à quel prix ?

Jean-Michel Blanquer a un plan.

Hier, la panique gagnait une partie des élèves de terminale. Mardi 2 juillet, le ministre de l’Éducation nationale reconnaissait l’existence d’un "petit risque" que certains aspirants bacheliers n’aient pas leurs résultats le vendredi 5 juillet – de quoi inquiéter un certain nombre d’entre eux.

Alors que les professeurs avaient jusqu’à mardi midi pour entrer les notes dans un logiciel spécial, quelque 120 000 copies manquaient à l’appel. À moins de 24 heures de la publication des résultats, que va-t-il se passer ?

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Mercredi 3 juillet, Jean-Michel Blanquer a assuré sur BFM TV : "Vendredi, les élèves auront leurs résultats."

Comment compte-t-il procéder ? Les candidats pour lesquels il manquerait encore des notes jeudi soir se verront attribuer la moyenne de leur note inscrite dans leur dossier scolaire pour la matière concernée. À cas de figure inédit, solution inédite ? Pas vraiment, si on en croit le ministre qui a temporisé sur le plateau de Ruth Elkrief :

"Comme cela arrive à chaque session en cas de pertes ou de vols, la solution est de donner la note du contrôle continu à l’élève à titre provisoire, ce qui permettra d’avoir un résultat."

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Il a ajouté que cette note de contrôle continu sera donnée "à titre provisoire." Dans le cas où les copies seraient rendues, c’est la meilleure note qui sera retenue entre celle du contrôle continu et la véritable note du bac.

Bonne ou mauvaise solution ?

À quoi s’exposent les enseignants frondeurs ? "Ce sont des retraits de salaire de dix à quinze jours qui auront lieu", a réaffirmé Jean-Michel Blanquer, rappelant que les professeurs concernés sont considérés comme grévistes à partir du moment où ils ont reçu les copies.

Selon lui, c’est d’ailleurs cette menace qui a permis de faire baisser le nombre de copies manquantes de 120 000 à 80 000 mercredi soir. “On sera a priori en dessous des 50 000 aujourd’hui”, a ajouté le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal, invité de France info ce jeudi matin.

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Pour certains, retenir la note du contrôle continu n’a rien de farfelu, dans la mesure où la réforme du baccalauréat, au cœur de l’affrontement entre les professeurs et le ministre, prévoit d’intégrer le contrôle continu aux résultats du bac dans les années à venir.

L’un des membres du collectif Bloquons Blanquer à l’origine de la fronde a fustigé cette solution sur Europe 1 : "C’est rompre avec la logique du baccalauréat, qui est un examen qui permet de mettre tous les élèves dans la même situation à la fin de la terminale."

Même son de cloche du côté de l’UNL (Union nationale lycéenne), l’un des principaux syndicats lycéens.

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"Nos bulletins n’ont rien à voir avec le baccalauréat", titre une pétition mise en ligne part le syndicat sur Change.org. Et d’ajouter : "Faire ce choix va pénaliser beaucoup d’élèves qui comptaient sur la note du baccalauréat pour se rattraper."

Par Clothilde Bru, publié le 04/07/2019

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