Notre-Dame de Paris, le 26 juin 2018. © Ludovic MARIN / AFP

featuredImage

Reliques, statues, tableaux et vitraux : que reste-t-il des trésors de Notre-Dame ?

D'après le ministre de la Culture, le grand orgue "a l'air d'être assez atteint".

Notre-Dame de Paris, ravagée lundi soir par un incendie, renferme des reliques vénérées par les catholiques, un orgue aux dimensions remarquables et de nombreuses œuvres d’art.

Pillé et saccagé pendant la Révolution française puis lors d’émeutes en 1831, ce joyau du gothique a perdu une partie de ses chefs-d’œuvre. Son trésor liturgique, qui comptait parmi les plus riches de France avant de disparaître en 1789, a été progressivement reconstitué.

"Les collaborateurs de Notre-Dame, les architectes des bâtiments de France, les personnels du ministère de la Culture se sont mobilisés pour orienter les sapeurs pompiers pour leur désigner les œuvres qu’il fallait à tout prix sauver", a expliqué mardi matin le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur RTL.

Par chance, la cathédrale étant en travaux, douze statues d’apôtres et quatre statues d’évangélistes ont été sauvées des flammes puisqu’elles avaient été ôtées de la bâtisse pour être rénovées jeudi dernier. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de toutes.

Le ministre de la Culture Franck Riester a pour sa part indiqué sur France Inter que "les œuvres ont aussi été sauvées, notamment le trésor" : "La couronne d’épines, la tunique de Saint-Louis sont en sécurité à l’hôtel de ville." Il a dressé un premier bilan, en demi-teinte, de l’état des trésors de la cathédrale.

Des reliques

La Sainte Couronne. (© Getty Images)

La plus précieuse relique conservée à Notre-Dame est la Sainte Couronne, posée, selon la croyance des catholiques, sur la tête de Jésus peu avant sa crucifixion. Elle se compose d’un "cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d’or, d’un diamètre de 21 centimètres, sur lequel se trouvaient les épines", selon le site de la cathédrale.

Cette relique a été "sauvée" des flammes ce lundi, tout comme la tunique de Saint-Louis, également conservée dans la cathédrale, selon son recteur.

Outre la Sainte Couronne, Notre-Dame conserve deux autres reliques de la Passion du Christ : un morceau de la Croix et un clou de la Passion.

Par ailleurs, trois reliques étaient nichées dans le coq surmontant la flèche qui s’est effondrée lundi soir : une parcelle de la Sainte Couronne d’épines, une relique de Saint-Denis et une de Sainte-Geneviève.

Le grand orgue

Le grand orgue de Notre-Dame, vu de face, le 30 novembre 2012. (© Patrick Kovarik/AFP)

Parmi les trois orgues de Notre-Dame, le grand orgue, avec ses cinq claviers, ses 109 jeux et ses près de 8 000 tuyaux, est le plus remarquable.

Construit à partir du XVe siècle, l’orgue s’étoffe progressivement, jusqu’à atteindre au XVIIIe siècle sa taille actuelle. Il traverse la Révolution sans dommages, "grâce sans doute à l’interprétation de musiques patriotiques", selon le site de la cathédrale.

Franck Riester était peu optimiste à son sujet ce matin. Le ministre a déclaré : "L’orgue est manifestement touché, même si c’est trop tôt pour faire un diagnostic total et un état des lieux de l’évaluation du désastre, mais l’orgue a l’air d’être assez atteint."

Les rosaces

Les trois rosaces de Notre-Dame de Paris, vitraux qui représentent les fleurs du Paradis, ont été construites au XIIIe siècle, puis rénovées à plusieurs reprises. Les rosaces nord et sud, les deux plus grandes, font 13 mètres de diamètre.

Y sont représentés, dans des médaillons, des prophètes, des saints, des anges, des rois, des scènes de la vie de saints, etc. Les trois rosaces présentent respectivement en leur centre la Vierge, l’Enfant-Jésus et le Christ en majesté.

© Getty Images

37 représentations de la Vierge

Dans le sanctuaire, adossée au pilier sud-est du transept, une Vierge à l’Enfant, sculptée au milieu du XIVe siècle, est la plus connue des 37 représentations de la Vierge que compte la cathédrale.

Derrière l’autel se trouve la statue monumentale du sculpteur Nicolas Coustou, une Pieta commandée par Louis XIV selon le vœu de son père Louis XIII. Réalisée entre 1712 et 1728, la statue de la Vierge éplorée, recueillant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix.

Jeudi dernier, 16 statues de cuivre représentant les 12 apôtres et les quatre évangélistes avaient été décrochées de la flèche de la cathédrale pour être restaurées et ont ainsi échappé au sinistre.

Une statue en train d’être ôtée par une grue pour être restaurée, le 11 avril 2019. (© Bertrand Guay/AFP)

Les grands Mays

Entre 1630 et 1707, la corporation des orfèvres parisiens offrait chaque 1er mai une toile à la cathédrale. Sur ces 76 "grands Mays", 13 sont aujourd’hui présentés dans les différentes chapelles de la nef.

"Les grands tableaux à l’intérieur, c’est trop tôt pour le dire mais a priori en tout cas, l’incendie n’a pas gagné l’intérieur", a déclaré Franck Riester, avant d’ajouter que, dès que ce sera réalisable, "il faudra retirer les tableaux le plus vite possible, les dépoussiérer, les déshumidifier, les mettre dans un lieu de conservation adapté et commencer la restauration".

Sur le mur ouest de la chapelle Saint-Guillaume est accroché l’un des plus beaux tableaux de la cathédrale, La Visitation de Jean Jouvenet (1716), chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, et vestige du chœur baroque de la cathédrale.

© Site Internet de Notre Dame de Paris.

Le Bourdon

© Getty Images

Dans la tour sud se trouve la plus grosse cloche de Notre-Dame, que l’on appelle le "Bourdon". On la sonne pour les grandes fêtes catholiques, et lors de grands évènements.

Le Bourdon a été fondu il y a plus de 300 ans et baptisé Emmanuel par son parrain Louis XIV. Il pèse 13 tonnes et son battant, la partie à l’intérieur de la cloche qui tape contre les parois pour produire le son, fait 500 kg.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 16/04/2019

Copié