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Régionales : le Rassemblement national rentre bredouille

Publié le

par Clothilde Bru

© Denis Charlet/AFP

Le candidat du RN était pourtant en tête au premier tour des régionales en région PACA.

Comme en 2015, le Rassemblement national, malgré des sondages flatteurs, est rentré bredouille, échouant une nouvelle fois à remporter la première région de son histoire. En ballotage défavorable, Renaud Muselier, président LR sortant en Provence-Alpes-Côte d’Azur, a finalement privé le Rassemblement national de la seule région de France que le parti d’extrême droite semblait pouvoir emporter.

Après Jean-Marie Le Pen, candidat trois fois du Front national dans la région (en 1992, 1998 et 2010), puis sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen en 2015, c’est Thierry Mariani, ancien Républicain et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, qui a échoué dans son défi de gagner la région pour le parti désormais dirigé par Marine Le Pen, la fille du fondateur du mouvement.

Devancé de 4,5 points au premier tour par le député européen RN (36,4 % contre 31,9 %), Renaud Muselier a largement refait son retard pour finalement s’imposer de près de 15 points, avec 57,3 % des suffrages. "J’ai gagné, nous avons gagné", "la logique d’unité" a "démenti tous les pronostics", a déclaré le président des Régions de France, insistant sur la "logique de rassemblement" qu’il avait engagée dès avant le premier tour, en incluant notamment des Marcheurs sur sa liste.

Devant ses supporters abattus, à Marseille, son adversaire Thierry Mariani a dénoncé la victoire de Renaud Muselier comme celle de tout "un système coalisé".

"Une bataille inégale"

Estimant avoir livré "une bataille inégale", le député européen RN a souligné que "les trois derniers présidents de la République [avaient] volé au secours" de son adversaire et a accusé les médias d’avoir "parfois dérogé aux règles de la plus élémentaire déontologie".

Seul président de région sortant à ne pas avoir terminé en tête au premier tour, Renaud Muselier avait reçu entre les deux tours le soutien de nombreuses personnalités, de l’ancien président LR Nicolas Sarkozy à son successeur socialiste François Hollande, en passant par Bernard Tapie.

Si l’abstention, à 63,2 %, a reculé de trois points entre les deux tours, elle est restée beaucoup plus forte qu’au second tour des régionales de 2015 (39,7 %), qui avait déjà donné lieu à un duel droite-extrême droite, avec Christian Estrosi face à Marion Maréchal-Le Pen.

Au final, la victoire de Renaud Muselier est même plus large que celle du maire de Nice, à qui il avait succédé dans le fauteuil de président de région en mai 2017 : Christian Estrosi, distancé de 14 points au premier tour, avait certes fait une impressionnante "remontada", faisant plus que doubler son score entre les deux tours, avec quelque 600 000 voix supplémentaires, mais il ne s’était imposé que de dix points (54,8 % contre 45,2 %).

Comme en 2015, la liste de gauche, qualifiée pour le second tour, a finalement fait le choix cette année aussi de se retirer pour faire barrage à l’extrême droite. Et les 195 000 électeurs de Jean-Laurent Félizia (16,9 %), chef de file écologiste du Rassemblement écologique et social, ont visiblement imité – au moins en partie – ceux de Christophe Castaner, alors socialiste, en 2015, en optant pour "le front républicain" au second tour.

Konbini news avec AFP

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