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Quatre hommes proches des milieux complotistes en garde à vue pour des projets terroristes

Publié le

par Pauline Ferrari

© Alain JOCARD / AFP

Depuis 2017, six enquêtes liées à des projets d’attentats d’ultradroite ont été ouvertes par le parquet antiterroriste.

Quatre hommes proches de la figure des milieux complotistes d’ultradroite Rémy Daillet, soupçonnés de projets d’actions violentes, ont été placés en garde à vue mardi en France sur demande d’un juge d’instruction antiterroriste, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Rémy Daillet, 55 ans, ancien membre du Modem, est connu pour être une figure dans les milieux complotistes : dans de nombreuses vidéos diffusées sur Internet, il affirme être pour "un coup d’État pacifique et populaire". Contre la 5G, pour la sortie de la France de l’Europe, insurrectionnel, il avait été impliqué dans le rapt de la petite Mia en avril 2021.

Confirmant une information de BFM TV, cette source a indiqué que trois des quatre hommes, âgés de 43 à 69 ans, ont été interpellés mardi matin par des policiers de la DGSI dans les Hautes-Pyrénées, la Meuse et les Hauts-de-Seine, tandis qu’un quatrième était déjà incarcéré dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Mia, en avril dernier dans les Vosges. Un des autres interpellés est également mis en examen dans le dossier Mia et deux des interpellés sont d’anciens militaires, a précisé la même source.

Ces interpellations ont été réalisées dans le cadre du dossier "Honneur et nation", instruit par des juges antiterroristes à Paris, et dans lequel trois personnes ont été mises en examen début mai et cinq autres le 24 septembre, toutes pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Ces huit personnes sont notamment soupçonnées d’avoir préparé une action violente contre une loge maçonnique, mais elles visaient également, selon une source proche de l’enquête, d’autres cibles non précisées telles que des centres de vaccination, des personnalités ou des journalistes.

Les personnes interpellées mardi avaient, selon BFM TV, des projets visant "des centres de vaccination anti-Covid". Une source proche du dossier a évoqué auprès de l’AFP une "multitude de projets d’actions violentes, visant des sites institutionnels, des centres de vaccination, des antennes 5G…"

Le parquet antiterroriste requiert un procès en correctionnelle pour un ex-militaire d’extrême droite

Dans une autre affaire, le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis le renvoi en correctionnelle pour "entreprise individuelle terroriste" d’un ancien militaire soupçonné d’avoir diffusé des messages virulents et d’avoir effectué des recherches sur des lieux de la communauté juive sur internet, a appris mardi l’AFP de source judiciaire.

Dans un réquisitoire définitif daté du 1er octobre, le Pnat a demandé qu’Aurélien C., 38 ans, soit jugé pour "entreprise individuelle terroriste". Cet ancien militaire, reconverti dans la sécurité et amateur d’armes, avait été arrêté à Limoges en mai 2020 puis mis en examen à Paris par un juge antiterroriste et placé en détention provisoire. Contacté par l’AFP, son avocat n’a pas souhaité réagir.

Le Pnat a également requis le renvoi d’un autre homme pour "infraction à la législation sur les armes de catégorie A et B". Il est soupçonné d’avoir fourni des armes à Aurélien C. Il appartient désormais au juge d’instruction chargé de l’enquête de décider de leur renvoi ou non devant le tribunal correctionnel.

Aurélien C. avait été arrêté en raison du caractère de plus en plus violent de ses messages sur les réseaux sociaux. Épousant les thèses d’ultradroite et antisémites, il était promoteur du discours sur "le grand remplacement" et "se présentait en adorateur de Brenton Tarrant", l’Australien suprémaciste blanc accusé d’avoir tué 51 personnes dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande en mars 2019, avait rapporté à l’époque une source proche du dossier.

Il avait effectué des recherches sur le Net sur des lieux de la communauté juive à Limoges. Lors de la perquisition menée à son domicile, les enquêteurs ont retrouvé trois engins pyrotechniques sur lesquels des boulons avaient été collés, un fusil datant de la Seconde Guerre mondiale et des munitions.

En mai 2019, il avait écopé de quatre mois de prison ferme pour des menaces à l’encontre de membres de l’association SOS Racisme Les potes en Limousin. Quelques semaines plus tard, en juin 2019, il avait été condamné en appel à quatre mois de prison avec sursis, cette fois pour acquisition et détention d’arme sans autorisation.

Titulaire d’une licence de tir sportif jusqu’en 2009, le suspect avait acheté un pistolet automatique et un revolver en 2018. Il avait alors été déjà repéré sur IInternet pour des messages appelant à se rendre à Paris, pour le mouvement des gilets jaunes.

Depuis 2017, six enquêtes liées à des projets d’attentats d’ultradroite ont été ouvertes par le parquet antiterroriste. L’une d’elles, visant un groupuscule baptisé OAS, a déjà abouti au renvoi en correctionnelle de six personnes. Leur procès est en cours à Paris.

Konbini news avec AFP

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