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Procès, grâce, tweets non protégés... Après sa défaite, quel avenir pour Donald Trump ?

Publié le

par Astrid Van Laer

Donald Trump, le 11 octobre 2019. © SAUL LOEB / AFP

La perte de son immunité présidentielle va nécessairement s'accompagner de conséquences.

En perdant l’élection présidentielle américaine, lors de laquelle il espérait remporter un second mandat, Donald Trump voit par la même occasion disparaître l’immunité que lui conférait son statut de chef d’État. La perte de ce sésame pourrait l’inquiéter grandement et assombrir son avenir.

Il faut dire que ce dernier fait l’objet de deux enquêtes à New York : l’une, "pénale et initiée par le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, vise de possibles faits de fraude fiscale, d’escroquerie à l’assurance et manipulations comptables", et l’autre, "civile, a été lancée par la procureure de l’État de New York Letitia James et cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux", rappelle l’AFP.

En outre, si des éléments nouveaux venaient à être apportés au dossier concernant l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, ce dossier pourrait être rouvert et Donald Trump, qui n’a pas été complètement blanchi, remis en cause. En effet, le rapport du procureur Robert Mueller se concluait ainsi : "Si ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, il ne l’exonère pas non plus."

Et comme le rappelait Geoffrey Le Guilcher, journaliste et co-éditeur de la BD Trump et l’enquête russe, dans une interview accordée à Konbini news, en cas de défaite, les faits qui ont été révélés dans cette affaire "pourront lui être reprochés directement devant la justice américaine".

Plus de protection de Twitter

Le tout sans compter que le futur ex-président américain est visé par de nombreuses accusations d’agressions et de harcèlement sexuel ainsi que par une accusation de viol, dont la plaignante et victime présumée, E. Jean Carroll, poursuit le président en diffamation.

La passation de pouvoir devrait donc nécessairement s’accompagner pour Donald Trump de tourments judiciaires. D’autant plus qu’à plusieurs semaines de son départ de la Maison-Blanche, certains semblent déjà l’attendre au tournant. "J’ai hâte", a de son côté déclaré dimanche son ancien avocat, Michael Cohen, qui a d’ores et déjà lancé une procédure judiciaire civile à son encontre.

Celui qui a été condamné à trois ans de prison en 2018 pour s’être parjuré devant le Congrès, mais aussi pour fraude fiscale, fraude bancaire et violation des lois sur le financement électoral, purge actuellement sa peine à domicile et a multiplié les sorties à charge contre son ancien client. Hier, il a annoncé des "dépositions dans les semaines à venir".

Et puis Donald Trump ne sera plus favorisé par Twitter, son réseau social préféré. En effet, si la plateforme appose depuis peu son label destiné aux fausses informations sous certains messages du chef d’État, elle a annoncé qu’une fois la passation de pouvoir passée, le citoyen Donald Trump pourrait carrément voir certaines de ses publications supprimées.

Dans un communiqué adressé à Reuters, l’entreprise a expliqué que cette protection ne s’appliquait qu’aux "leaders mondiaux en exercice et aux candidats, mais pas aux citoyens une fois qu’ils n’occupent plus ces positions".

Donald, Trump, le 16 janvier 2017. (© Dominick Reuter/AFP)

Grâce et auto-grâce

Après sa démission forcée en raison du scandale du Watergate, Richard Nixon avait été gracié par son successeur Gerald Ford. Mais, à en croire les propos tenus par Joe Biden en mai dernier, Donald Trump ne semble pas pouvoir espérer bénéficier de ce traitement de faveur avec le vainqueur démocrate.

Interrogé par un citoyen américain sur MSNBC, le futur chef d’État américain avait indiqué qu’en cas de victoire à l’élection présidentielle, il ne gracierait pas son prédécesseur.

En juin 2018, fustigeant une "chasse aux sorcières" à son égard, Donald Trump avait toutefois évoqué la possibilité de se gracier lui-même, arguant : "Comme l’ont déclaré de nombreux juristes, j’ai le droit absolu de me GRACIER moi-même." "Mais pourquoi ferais-je cela alors que je n’ai rien fait de mal ?", avait-il ajouté. Son avocat, Rudy Giuliani, avait alors confirmé ses dires, confirmant néanmoins qu’il ne pensait pas que Donald Trump en ferait usage.

Toutefois, comme le souligne le Washington Post, tous les juristes ne sont pas de l’avis de Maître Giuliani, mais aucun président n’ayant essayé cette possibilité, il est impossible d’affirmer que cette éventualité ne serait pas jugée constitutionnelle.

Néanmoins, le journal américain envisage un autre scénario, qui n’a, rappelons-le, jamais été évoqué par Donald Trump, mais reste envisageable. Il imagine Donald Trump qui choisirait de démissionner avant la passation de pouvoir en janvier prochain, laissant ainsi son siège à son vice-président Mike Pence, qui pourrait alors le gracier.

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