© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Prison : des ordinateurs bientôt installés dans toutes les cellules ?

En phase de test dans plusieurs établissements pénitentiaires, ce dispositif pourrait être généralisé d'ici 2022.

Faciliter les démarches administratives des personnes détenues et lutter contre l’isolement : voici les objectifs affichés par l’administration pénitentiaire, qui souhaite installer un terminal numérique dans toutes les cellules de France d’ici 2022, selon une information du Parisien

Un dispositif qui doit simplifier la vie quotidienne en détention, comme pour "cantiner" (acheter des produits via un service de vente interne géré par l’administration), réserver des parloirs, gérer son pécule, etc. En bref, la mise en place d’un système Intranet spécifique à la prison, accessible depuis sa cellule.

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100 % des démarches administratives numérisées en 2022

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Avec ce système, les personnes détenues conserveront une trace numérique de toutes leurs requêtes. "Jusque-là, tout était transmis par écrit, avec parfois des difficultés pour l’administration à comprendre ce que voulait le détenu", explique au Parisien la direction de l’Administration pénitentiaire (DAP).

En phase de test dans plusieurs établissements pénitentiaires, ce dispositif devrait être généralisé d’ici 2022 en cas de succès. "L’objectif, c’est que 100 % des démarches administratives soient numérisées en 2022", indique la DAP. 

Côté finance, le projet devrait s’inscrire dans une enveloppe globale de 530 millions d’euros, destinée à l’amélioration du numérique des prisons. Ce budget comprend également une hausse des débits des établissements pour permettre la visioconférence avec les tribunaux.

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Internet reste interdit, même si Internet passe déjà

Une modernisation toutefois amputée d’un outil central en matière de lutte contre la fracture numérique. "Il n’y aura bien évidemment aucun accès à l’Internet extérieur", précise d’emblée la DAP.

En prison, Internet reste interdit, même si Internet passe. Et qu’importe si l’essentielle des démarches liées à la réinsertion – travail, logement – se fait aujourd’hui en ligne.

"Cette modernisation va dans le bon sens, même si elle aurait pu aller plus loin, estime Damien Pellen, premier secrétaire du Syndicat National des Directeurs Pénitentiaires (SNDP), dans les colonnes du ParisienCelui qui veut tricher arrive déjà à avoir un portable connecté en 4G. Mieux vaut un accès Internet encadré, afin de réduire la fracture numérique."

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Impératif de "liberté d’expression et de communication" 

Une position partagée par le Contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL), rappelait déjà un article de Rue89, publié en 2015.

Partant du principe qu’Internet fait partie de la vie, cette autorité indépendante, qui diagnostique les prisons françaises, invoque depuis 2011 le droit à la "liberté d’expression et de communication" et la nécessité de "maintenir les liens familiaux" pour réclamer l’accès à certains services en ligne : presse, formation, annonces d’emploi, démarches administratives, enseignement, etc.

Huit ans après, le projet d’un Internet-prison est toujours au point mort. 

Par Konbini News, publié le 08/07/2019

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