© Frederick FLORIN / AFP

Près d'un Français sur quatre boit trop d'alcool

"Pour votre santé, c'est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours."

Avec 41 000 décès qui lui sont attribuables chaque année en France, l’alcool constitue une des principales causes de mortalité évitable, rappelle l’agence sanitaire Santé publique France (SpF), qui lance une campagne ce mardi.

Le message de celle-ci est clair : "Pour votre santé, c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours." Car, pour l’heure, près d’un quart des Français, soit environ 10,5 millions d’adultes, boivent trop d’alcool.

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Près d’un quart des Français de 18 à 75 ans déclarent consommer au-delà des repères de consommation d’alcool à moindre risque, établis par des experts en mai 2017. Ce chiffre est issu du Baromètre de santé publique France 2017, qui a interrogé plus de 25 000 personnes, publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dédié à l’alcool paru mardi.

Plus précisément, 19,2 % déclaraient avoir bu plus de deux verres d’alcool en une journée au moins une fois au cours de la semaine précédente, 9,7 % déclaraient avoir bu plus de dix verres d’alcool au cours des sept derniers jours et 7,9 % avoir consommé de l’alcool plus de cinq jours sur sept.

Pour Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addiction de l’agence de santé publique, le constat est sans appel :

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"Cela représente environ 10,5 millions d’adultes qui boivent trop. Ils boivent en tout cas dans une proportion qui augmente les risques pour leur santé notamment tout ce qui est risques à moyen et long terme : cancers, hypertension, hémorragies cérébrales, certaines maladies cardiovasculaires…"

Majoritairement, il s’agit à 33 % d’hommes, contre 14 % de femmes. Un tiers de ces personnes dépassant les repères ont un revenu mensuel modeste, c’est-à-dire inférieur ou égal à 1 200 euros. Les plus jeunes consomment plus intensément que les plus âgés, dont la consommation est plus régulière.

Le mythe du verre quotidien "bon pour la santé" s’effondre

Et, contrairement aux idées reçues, les risques pour la santé d’une consommation d’alcool existent dès le premier verre quotidien, selon SpF. Pour autant, "notre objectif est de permettre aux Français de faire le choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé", explique le Dr. François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire. Et cela, précise-t-il, "sans nier la dimension de plaisir qui peut être associée à la consommation d’alcool".

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Durant la campagne, un film de 30 secondes soulignant qu'"au-delà de deux verres par jour, vous augmentez vos risques d’hémorragie cérébrale, de cancers et d’hypertension" est diffusé sur les chaînes nationales et d’Outre-mer, les plateformes de vidéo en ligne et les réseaux sociaux.

Lancée avec le ministère de la Santé, cette campagne comprend aussi des chroniques radio, un volet numérique et des vidéos dans les salles d’attente d’hôpitaux et maisons de santé.

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Un nouvel alcoomètre automatisé, mis au point par SpF et disponible en ligne, permet de vérifier si sa consommation hebdomadaire d’alcool reste dans les clous. À utiliser sans oublier qu’un "verre standard de vin", c’est un petit ballon de bistrot.

"Ce sont ces 24 % de 'grands consommateurs' qui génèrent également 80 % des dommages liés à l’alcool : il s’agit là aussi bien des dommages pour leur santé que des dommages sociaux comme les accidents, les violences sociales ou familiales…", relève l’addictologue Michel Reynaud.

"Le choix d’un message clair a poussé les experts à ne plus faire de distinction entre hommes et femmes, mais cela ne doit pas dissuader les professionnels de santé de continuer d’informer sur la plus grande fragilité des femmes vis-à-vis de l’alcool", remarque pour sa part dans le BEH le professeur Mickaël Naassila, président de la Société française d’alcoologie.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 26/03/2019

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