© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Précarité étudiante : des manifestants forcent le ministère de l'Enseignement supérieur

Un tag "La précarité tue" a été inscrit sur un mur du ministère.

La grille d’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur à Paris a été dégradée mardi 12 novembre dans la soirée par quelques manifestants venus d’un rassemblement d’étudiants devant le Crous pour protester contre la précarité après l’immolation d’un étudiant à Lyon, a appris l’AFP de source policière.

Quelques centaines d’étudiants s’étaient rassemblés dans le calme en début de soirée devant le Crous de Paris, quand la manifestation "s’est transformée en cortège sauvage dans le quartier latin", selon la source policière.

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Quelques manifestants sont alors allés jusqu’au ministère de l’Enseignement supérieur, distant de moins de 2 km, et ont "dégradé" la grille d’entrée, selon la même source, ajoutant que le calme est revenu "après l’intervention des forces de l’ordre".

Une partie de la grille d’entrée du ministère a été forcée et mise à terre, remplacée dans la soirée par une palissade en tôle, et un tag "La précarité tue" a été inscrit sur un mur du ministère, a constaté un journaliste de l’AFP.

"L’une des portes d’entrée a été enfoncée, donnant ainsi lieu à une brève intrusion", a confirmé le ministère de l’Enseignement supérieur, dans un communiqué publié dans la soirée.

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L’étudiant qui s’est immolé vendredi, toujours entre la vie et la mort

Plusieurs rassemblements de centaines d’étudiants en colère, à l’appel du syndicat Solidaire, se sont déroulés mardi dans plusieurs villes de France, notamment à Lyon où un étudiant de 22 ans s’est immolé vendredi dernier devant un restaurant universitaire, et qui est toujours entre la vie et la mort à l’hôpital.

En difficulté financière – il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l’université Lyon 2 – le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu mardi. "Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique", indiquait l’étudiant avant de passer à l’acte.

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À Lille, l’ancien président François Hollande a été empêché de donner une conférence à l’université par des manifestants dénonçant la précarité étudiante. L’ex-président n’était pas dans l’amphithéâtre lorsque une centaine de personnes l’ont envahi, scandant "Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon", "Hollande assassin !", "la précarité tue, tous responsables".

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La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a condamné "fermement", dans le communiqué du ministère, "les violences et les dégradations qui ont eu lieu en marge des rassemblements qui se sont tenus" dans la journée.

"Les appels à la violence et les menaces de mort adressés aux responsables des Crous qui se sont multipliés tout au long de la journée sont inadmissibles", a-t-elle estimé. Elle a aussi jugé "inconcevable que la venue d’un ancien président de la République puisse être empêchée au sein de l’espace universitaire, par l’action violente de quelques-uns".

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 13/11/2019

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