(c) Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Pourquoi des sans-papiers ont-ils tenté d’envahir la Comédie-Française ?

Ils voulaient interpeller l’administrateur du théâtre, Éric Ruf.

Dimanche 16 décembre, alors qu’une poignée de comédiens du Français étaient sur scène pour jouer Lucrèce Borgia de Victor Hugo, un spectacle très différent attirait le regard des passants sur le parvis du théâtre légendaire de la place Colette, dans le Ier arrondissement de Paris.

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Entre 200 et 300 sans-papiers ont tenté de s’introduire dans le théâtre aux alentours de 21 heures d’après l’AFP, afin d’en interpeller son administrateur, le comédien et metteur en scène Éric Ruf. Imaginée par deux associations parisiennes, La Chapelle debout et Sans-papiers 75, cette tentative d’intrusion a de quoi surprendre.

Quel lien, en effet, entre l’administrateur du théâtre et les préoccupations de ces ressortissants "ivoiriens, afghans, sénégalais, soudanais, maliens, mauritaniens, tunisiens, algériens, somaliens, marocains", qui réclamaient une régularisation collective ?

"Ce n’est pas l’homme de théâtre que nous sommes venus chercher mais l’administrateur général nommé directement par ceux-là mêmes qui donnent l’ordre de nous chasser, nous enfermer, nous déporter, nous frapper, nous tuer", détaille La Chapelle debout dans un post sur Facebook.

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En effet, selon le site Internet de la Comédie-Française, "l’administrateur général de la Comédie-Française est nommé pour 5 ans par le/la président(e) de la République, sur proposition du/de la ministre de la Culture".

Si passer par Éric Ruf pour atteindre le gouvernement est un peu tiré par les cheveux, ça a le mérite d’être efficace. L’incident a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Selon Pauline, une étudiante à Paris VIII qui était sur place, le groupe de sans-papiers s’est rapidement fait encercler à côté du théâtre et est resté assis durant environ trois heures. "La police a certainement été prévenue", avance l’étudiante.

Selon la page Facebook de La Chapelle debout, ce happening n’aura pas été vain : "Nous avons demandé et obtenu un RDV à la préfecture lundi matin pour négocier une régularisation collective !" Pauline confirme que les identités de tous les sans-papiers présents sur le parvis du théâtre ont été relevées dans le but de permettre leur régularisation.

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Par Clothilde Bru, publié le 17/12/2018

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