TURNBURRY, SCOTLAND – JUNE 08: Donald Trump visits Turnberry Golf Club, after its $10 Million refurbishment on June 8, 2015 in Turnberry, Scotland. (Photo by Ian MacNicol/Getty Images)

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Pour certains médias russes, Donald Trump est derrière le mouvement des "gilets jaunes"

Alerte théorie du complot.

(Photo by Ian MacNicol/Getty Images)

Plusieurs médias gouvernementaux russes comparent depuis dimanche 3 décembre les violentes manifestations des "gilets jaunes" en France aux "révolutions de couleur" ayant secoué ces dernières années d’ex-Républiques soviétiques, disant y voir la main des États-Unis voulant punir Macron.

"L’affaiblissement de Macron, et avec un peu de chance sa démission, va dans l’intérêt de Trump", explique mardi le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta dans un long article revenant sur les violences ayant touché Paris et plusieurs villes de province.

"Il suffit de rappeler que le chef de la Ve République a récemment revendiqué sa position de leader de l’Union européenne, défendu l’idée d’une armée européenne indépendante des États-Unis et défendu activement l’accord nucléaire iranien", poursuit le journal gouvernemental russe.

Suffisant aux yeux du journal pour voir dans le mouvement des "gilets jaunes" une réplique des "révolutions de couleur" qui ont fait sortir la Géorgie et l’Ukraine de l’orbite russe en étant soutenues, selon Moscou, par les États-Unis ou les Occidentaux.

Selon Rossiïskaïa Gazeta, il existe beaucoup de similitudes entre les deux : "la création artificielle d’un mouvement de protestation organisé par les réseaux sociaux […], des scènes théâtrales devant prouver à la société la prétendue volonté du peuple".

Depuis la Russie, la violence des "gilets jaunes" semble louche

Au final, prévient le journal, "une victoire des 'gilets jaunes' renforcerait considérablement la position américaine en Europe, en montrant clairement aux dirigeants européens que chipoter avec Trump, a fortiori être en conflit avec lui, est risqué".

Dans une tribune publiée lundi, une éditorialiste de l’agence de presse publique Ria Novosti jugeait elle aussi "très convaincants" les arguments en faveur d’une "révolution de couleur" organisée par les États-Unis, soulevant toutefois d’autres arguments comme "la révolte de la 'bonne vieille (et blanche) France' contre le gouvernement et son multiculturalisme radical".

Présentateur vedette de la chaîne Rossiya-1, Dmitri Kisselev avait ouvert le bal dans son émission dominicale en jugeant impossible qu’une "croissance microscopique des prix de l’essence" provoque "des scènes de pillage, la mobilisation d’une armée de policiers, de la fumée, des tirs, du sang, des nuages de gaz lacrymogène".

"Le prétexte est évidemment disproportionné", avait continué M. Kisselev, réputé être la voix du Kremlin, ajoutant que "cela ressemble à l’exportation américaine d’une révolution de couleur" avant d’asséner : "Tout ça parce que le président Macron a parlé de la nécessité d’une armée européenne".

Mardi, le Kremlin a toutefois été plus pondéré, disant "ne pas voir" d’influence des USA dans le mouvement des "gilets jaunes". "C’est une affaire exclusivement interne à la France. Pour nous, il est important que ces troubles ne fassent pas de victimes humaines et de blessés, en particulier de citoyens russes", a commenté le porte-parole Dmitri Peskov.

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 04/12/2018

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