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Pour Gabriel Attal, Éric Dupond-Moretti, mis en examen, peut "évidemment" rester ministre

Publié le

par Astrid Van Laer

Gabriel Attal et Éric Dupond-Moretti, le 16 juin 2021. © Vernier Jean-Bernard / JBV News / ABACA via Reuters Connect

Ce n’est pourtant pas ce qu’affirmait Emmanuel Macron en 2017.

À la question "Éric Dupond-Moretti doit-il quitter le gouvernement ?", Gabriel Attal, interrogé sur France Info ce lundi, a répondu par la négative, déclarant : "Moi, j’entends effectivement un principe qui existait et qui avait cours dans notre pays mais ensuite il y a les faits, et il faut regarder les faits."

Pour rappel, vendredi 16 juillet, le ministre de la Justice avait été mis en examen pour "prise illégale d’intérêts" par les magistrats de la Cour de la justice de la République chargés d’enquêter sur de possibles conflits d’intérêts avec ses anciennes activités de pénaliste. Il est en effet soupçonné d’avoir profité de sa fonction pour régler ses comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir lorsqu’il était avocat, ce qu’il réfute. 

Lors de l’annonce de sa mise en examen déjà, le chef du gouvernement Jean Castex avait annoncé renouveler "toute sa confiance" à son garde des Sceaux. Dans un communiqué, Matignon avait par ailleurs indiqué que le Premier ministre demandait au mis en cause "de poursuivre l’action de réforme et de confortement des moyens accordés au service public de la Justice".

Le porte-parole du gouvernement a justifié cette décision en rétorquant :

"Éric Dupond-Moretti a pris des décisions en tant que ministre qui sont des décisions extrêmement courantes. Sa prédécesseure avait demandé des éclaircissements sur un certain nombre de situations.

Ces éclaircissements sont arrivés quand Éric Dupond-Moretti était devenu ministre. Son administration lui a recommandé, sur la base de ces éclaircissements, de diligenter des inspections."

"Évidemment qu’il peut continuer son activité"

Et Gabriel Attal de poursuivre : "Quand vous êtes membre du gouvernement, quand vous êtes ministre, c’est une pratique très courante de demander des inspections internes, des inspections administratives sur des situations qui posent question." Avant d’ajouter :

"C’est ce qu’il a fait sur la base des recommandations de son administration. Il y a une enquête qui a été ouverte sur ces décisions.

Je rappelle qu’il s’agit de demander des inspections sur un certain nombre de situations. Il n’y a pas de question d’enrichissement, de détournement."

Martelant "je rappelle que les faits, c’est quand même important", Gabriel Attal a ensuite déclaré : "encore une fois, ce sont des décisions qui sont prises dans son activité courante de ministre." Puis il a affirmé "ne pas croire du tout" que cette mise en examen puisse "handicaper" Éric Dupond-Moretti dans "les prochains mois", expliquant alors : "évidemment qu’il peut continuer son activité".

Des propos qui détonnent avec ceux du chef de l’État lors de la campagne présidentielle de 2017. Encore candidat, Emmanuel Macron avait alors affirmé sans détour : "Un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen."

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