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Pologne : des villes bloquées par des manifestations après la quasi-interdiction de l'IVG

Publié le

par Astrid Van Laer

Varsovie, le 26 octobre 2020. © Wojtek RADWANSKI / AFP

"Nous voulons avoir le choix."

Lundi, des milliers de manifestants ont bloqué le centre de plusieurs villes en Pologne, au cinquième jour d’une révolte contre une interdiction quasi totale de l’avortement.

À Varsovie, les manifestants, pour la plupart des jeunes femmes brandissant des pancartes avec des slogans tels que "L’enfer des femmes", "Vous avez du sang sur les mains", "Nous voulons avoir le choix" ou "C’est la guerre !", ont bloqué plusieurs croisements du centre-ville, paralysant le trafic.

Des manifestations semblables se sont également déroulées dans plusieurs autres villes en réaction à la décision jeudi du Tribunal constitutionnel polonais de proscrire l’IVG en cas de malformation grave du fœtus, car il serait "incompatible" avec la constitution.

Le jugement, conforme au souhait du parti ultra-catholique nationaliste au pouvoir, Droit et justice (PiS), restreint le droit à l’avortement aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Les manifestations vont se poursuivre

L’argument majeur des opposants au jugement est que cette quasi-interdiction met la vie des femmes en danger, en les forçant à mener à terme des grossesses non viables, tandis que ses partisans assurent que cela évitera l’avortement de fœtus diagnostiqués avec une trisomie 21. Il y a moins de 2 000 avortements légaux par an en Pologne et la grande majorité d’entre eux sont effectués sur des fœtus malformés.

Les groupes féministes estiment que plus de 200 000 procédures sont réalisées illégalement ou effectuées à l’étranger, chaque année. Ce jugement a été condamné par plusieurs groupes de défense des droits de l’Homme en Europe.

Dimanche, des manifestants ont visé des églises catholiques dans toute la Pologne, une première dans ce pays à majorité catholique, membre de l’Union européenne. Les protestations contre la décision du Tribunal doivent se poursuivre dans les prochains jours, selon les organisateurs.

Konbini news avec AFP

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