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Passage à tabac d'un homme à Paris : Gérald Darmanin demande "la suspension" des policiers

Publié le

par Astrid Van Laer

© Jose Maria Hernandez / EyeEm / Getty Images

Sans les images de l'interpellation, Michel et son avocate n'auraient pas pu contredire la version des policiers mis en cause.

"À ce moment-là, c’est mon dernier jour. Voilà ce que je me dis. C’est mon dernier jour, je ne sais pas pourquoi" : les images révélées ce jeudi par Loopsider montrent un producteur de musique, Michel, être passé à tabac par des policiers.

L’interpellation violente, dont les raisons ne sont pour l’heure pas connues, a eu lieu le 21 novembre dernier dans un studio de musique du 17e arrondissement de la capitale. La caméra de surveillance présente dans le studio au moment des faits a permis de filmer toute la scène.

Sur ces bandes, que Loopsider s’est procurées, on peut voir Michel être très violemment interpellé, frappé à de nombreuses reprises, alors qu’il n’oppose aucune résistance et ne manifeste aucune violence à l’égard des forces de l’ordre. Des images qui contredisent clairement la version des policiers. Ces blessures lui vaudront six jours d’ITT.

"Sans ces images-là, je suis en prison aujourd’hui"

Michel, d’abord placé en garde à vue après sa violente interpellation, a en premier lieu fait l’objet d’une enquête pour "violences sur personne dépositaire de l’autorité publique" et "rébellion". C’est après communication des bandes-vidéo que les poursuites contre Michel ont pu être classées et qu’une enquête de l’IGPN a été ouverte pour "violences par personnes dépositaires de l’autorité publique" et "faux en écriture publique".

Ce matin, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réagi à ces révélations, déclarant : "Je me félicite que l’IGPN ait été saisie par la justice dès mardi." Il a demandé "au préfet de police de suspendre à titre conservatoire les policiers concernés", et ajouté : "Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais."

Alors que la très controversée proposition de loi relative à la sécurité globale et son article 24 concernant la diffusion de l’image de policiers vient d’être adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, Michel a déclaré à Loopsider : "Sans ces images-là, je suis en prison aujourd’hui."

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