Pass Culture : 500 €, mais pour faire quoi ?

Le gouvernement lance la phase pilote du pass Culture, mais l’offre qui comprend entre autres des jeux vidéo et des abonnements en ligne, est loin de faire l’unanimité.

C’était l’une des promesses de campagne du candidat Macron : le lancement d’un pass Culture d’une valeur de 500 €, offert aux jeunes l’année de leurs 18 ans, basé sur le modèle du bonus cultura créé par Matteo Renzi en Italie. Depuis le 1er février, ce dispositif est en phase d’expérimentation dans cinq départements pilotes (le Bas-Rhin, l’Hérault, le Finistère, la Guyane et la Seine-Saint-Denis).

Publicité

Près de 10 000 jeunes peuvent donc désormais utiliser cette enveloppe pour l’achat de biens culturels, de billets de spectacles et de concerts, ou encore pour la pratique d’activités artistiques. Mais ce pass n’inclut pas seulement l’accès aux musées et l’achat de livres. Les 500 € alloués permettront également de télécharger des jeux vidéo et de s’abonner à des plateformes audiovisuelles.

Rendre la culture plus accessible

Le principe est simple : par le biais d’une application dédiée, les bénéficiaires du pass ont accès à l’offre culturelle disponible autour de leur localisation. Les partenaires sont des acteurs culturels locaux (cinémas, théâtres, salles de concert, librairies) et nationaux, que ce soit dans le secteur de la presse en ligne, des plateformes audiovisuelles, des jeux vidéo, de la musique et des e-books. Pour le moment, ni Netflix, ni Amazon ne sont associés à l’offre, mais la phase de test donne accès à d’autres plateformes telles qu’Orange OCS, Canal+ et Deezer pour la musique.

Le ministère de la Culture a prévu un budget de 34 millions d’euros pour cette phase d’expérimentation. Le gouvernement ne souhaitant pas que l’argent public finance ce pass à 100 %, les acteurs privés seront sollicités pour financer la majorité de l’enveloppe nécessaire à sa mise en place effective. Si la date d’élargissement du dispositif aux 800 000 jeunes éligibles n’est pas encore connue, le ministère assure que 50 000 jeunes supplémentaires seront concernés par la seconde phase de test, prévue pour cet été.

Publicité

"Le jeu vidéo est un art"

L’intégration des jeux vidéo dans l’offre culturelle du pass a cependant créé la polémique sur les réseaux sociaux. Franck Riester, le ministre de la Culture, a répondu aux critiques sur Twitter en arguant que "le jeu vidéo est un art". En réalité, l’offre de jeux vidéo reste relativement limitée, puisque seuls les éditeurs français, comme Ubisoft France, ou européens pourront proposer leurs jeux sur l’application.

Par ailleurs, ces derniers ne seront pas rémunérés : s’ils souhaitent proposer leurs jeux, ces éditeurs devront fournir les codes de téléchargement gratuitement. Les responsables du pass Culture ont en outre précisé que les jeux vidéo feront "l’objet d’une approbation préalable pour s’assurer de leur conformité avec les objectifs de service public" et qu’ils devront avoir "un caractère artistique, créatif, pédagogique ou culturel".

Enfin, les dépenses réalisées dans le cadre de ce pass sont plafonnées suivant les différentes catégories de produits culturels proposés. Pour les biens culturels, qui comprennent les jeux vidéo et les livres, celles-ci ne peuvent pas dépasser 200 €. Idem pour les offres en ligne, avec un même plafond de dépenses. En revanche, les sorties et les pratiques artistiques ne sont, elles, pas limitées.

Publicité

Par abouviala, publié le 05/02/2019

Copié

Pour vous :