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Pas de prime pour certains soignants venus en renfort, la pilule ne passe pas

Publié le

par Clothilde Bru

© Capture écran Facebook

"On a tout quitté pour venir aider la France et au final, c'est comme ça qu'on est remerciées."

Alissia est aide-soignante à Montpellier. Comme elle le raconte dans une vidéo postée le 30 mai dernier sur Facebook, la jeune femme arrive en "renfort Covid" le 11 avril dans un CHU de Paris (AP-HP), pour travailler en réanimation, un secteur sous très haute tension. 

À ses côtés sur cet enregistrement, Morgane, infirmière à Nantes. Elle aussi arrive le 11 avril pour renforcer les effectifs du service réanimation de l’hôpital Tenon. "Mon contrat se termine le 29 mai au matin", précise la jeune femme. 

Celui d’Alissia devait prendre fin le 20 mai, mais elle décide finalement de le prolonger jusqu’au 30 juin. 

Tout porte à croire que les deux jeunes femmes sont éligibles à la fameuse prime à destination des soignants, promise par Emmanuel Macron le 25 mars dernier.

Comme le rappelle France 3-Normandie, cette aide pouvant atteindre 1 500 euros dans les départements les plus touchés est à destination de tous les soignants, y compris celles et ceux affectés dans les établissements au titre d’une mise à disposition.

Pour autant, Alissia et Morgane ne toucheront pas cette prime. Comme souvent, le diable est dans les détails. "Les conditions d’attribution de cette prime changent tout le temps, on a l’impression qu’à chaque fois il y a une condition qui se rajoute", déplore Morgane face caméra.

Jusqu’à la démission

Le hic ? Les deux jeunes femmes sont arrivées trop tard. La prime ne concerne que les soignants qui ont été mobilisés pendant toute la durée du confinement, soit du 17 mars au 11 mai, précise France 3-Normandie. C’est un coup très dur à encaisser pour les deux jeunes femmes.

"On était en réanimation de nuit […], on était vraiment en contact avec le Covid", rappelle Alissia. "On trouve ça injuste parce qu’on a été au contact, au même titre que tout le monde, de cette maladie", abonde Morgane.

Rapidement, l’incompréhension laisse place à la colère. "On était loin de nos familles, loin de nos proches, loin de nos conforts de vie. On a tout quitté pour venir aider la France et au final, c’est comme ça qu’on est remerciées", s’indigne Morgane.

Alissia avait même posé des congés sans solde pour venir en renfort à Paris. Là-bas, "ni son logement, ni ses déplacements pour rentrer chez elle n’ont été pris en charge par son établissement hospitalier", précise France 3-Normandie.

Lundi 1er juin, la jeune femme a annoncé mettre un terme à sa carrière dans une nouvelle vidéo diffusée sur Facebook :

"Je vais arrêter parce que je suis fatiguée. Ça fait des années qu’on est dans la galère, je suis passée par tous les services et j’ai toujours travaillé en sous-effectif. J’ai déjà été écœurée de mon travail."

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