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Pakistan : manifestation contre la une de Charlie Hebdo

Publié le

par Astrid Van Laer

Manifestation à Muzaffarabad, le 3 septembre 2020. © Sajjad QAYYUM / AFP

La colère enfle. Les protestataires hurlaient notamment : "Cessez d'aboyer, chiens français" ou encore "Stop Charlie Hebdo".

À la veille de l’ouverture du procès de l’attentat djihadiste contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts le 7 janvier 2015, suivi des attaques qui ont ciblé une policière à Montrouge et un supermarché cacher ce mois-là, le journal a décidé de republier les caricatures du prophète Mahomet qui en avaient fait une cible.

Au Pakistan, une centaine de manifestants ont protesté ce jeudi contre cette une, brûlant le drapeau français. Les protestataires se sont rassemblés dans la ville de Muzaffarabad, capitale du Cachemire sous contrôle pakistanais. Ils ont hurlé des slogans tels que "Cessez d’aboyer, chiens français", ou encore "Stop Charlie Hebdo"

"Le gouvernement pakistanais devrait immédiatement rompre ses relations diplomatiques avec la France", a estimé l’un d’entre eux, le religieux Mohammad Zaman. La manifestation s’est achevée sans violence, après qu’un drapeau tricolore a été piétiné, puis incendié. Mais d’autres sont prévues dans ce pays où la question du blasphème est incendiaire.

Des manifestations auront notamment lieu après la prière du vendredi, dont une à Lahore, dans l’est du pays, du parti extrémiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), qui a fait de la lutte contre le blasphème sa principale arme politique.

L’ambassade de France au Pakistan a appelé ses ressortissants à "rester à l’écart de tout rassemblement" et à "éviter tout déplacement" vendredi.

"Les caricatures publiées ont heurté les sentiments de millions de musulmans"

Des milliers de Pakistanais avaient manifesté en 2015 après la publication des caricatures. Un photographe de l’AFP avait notamment été blessé par balle devant le consulat de France à Karachi, dans le sud du Pakistan, où la protestation avait tourné à l’affrontement.

Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé avec près de 220 millions d’habitants, où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

"Les caricatures publiées ont heurté les sentiments de millions de musulmans", a observé le ministère des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi, qui espère "la traduction devant un tribunal" des "responsables de cet acte méprisable."

L’acquittement en octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu’elle a toujours nié, avait provoqué des marches violentes dans tout le Pakistan. 

La représentation des prophètes est strictement interdite par l’islam sunnite. Ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans, dont le Pakistan.

Konbini news avec AFP

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