"La nausée" : vives réactions après la vidéo de l’arrestation de lycéens à Mantes-la-Jolie

"État policier", "glaçant", "honteux" ou encore "déshonorant" : les réactions politiques se multiplient après la publication d’images de Mantes-la-Jolie.

Ces images de dizaines de jeunes agenouillés, mains sur la tête, entourés de CRS, font polémique depuis hier soir. Elles ont été tournées après une mobilisation lycéenne à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Le commentaire de la personne qui filme a contribué à susciter l’indignation : "voilà une classe qui se tient sage". On y entend aussi clairement les consignes d’un CRS : "mains sur la tête, on regarde droit devant !". À quelques exceptions près, la classe politique s’est émue de ces images et les réactions indignées se sont multipliées.

"Où vivons-nous donc ? Sous quel régime ?"

Éric Coquerel, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, a choisi de s’adresser directement au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, en ces termes : "Condamnez et punissez les actes indignes de certains policiers présents à Mantes-la-Jolie, forçant des lycéens à s’agenouiller et mains croisées sur la tête."

La sénatrice Europe Écologie Les Verts, Esther Benbassa, professeure à l’université, a déclaré ne souhaiter "à aucune classe d’être sage comme celle-ci", et s’est interrogée : "où vivons-nous ? Sous quel régime ?"

Le politologue et candidat de la France Insoumise aux élections européennes de mai prochain, Thomas Guénolé, a vu dans ces images les "méthodes d’un État policier". Et d’ajouter : "les CRS qui ont agi de la sorte sont la honte et le déshonneur de leur uniforme".

Pour l’eurodéputé d’Outremer Younous Omarjee, c’est carrément : "la nausée". Ce dernier s’est ému en déclarant : "Dites-moi que cela n’est pas vrai. Dites-moi que cela ne se passe pas en France." Des méthodes également contestées par Florian Philippot, président des Patriotes, qui s’est exprimé sur Twitter : "rétablir l’ordre oui. Ces méthodes inutiles et très choquantes, non. Pas en France."

Concernant le leader de Génération.s et ancien candidat à l’élection présidentielle Benoît Hamon, c’est la justification du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, ce matin sur l’antenne de France Inter, qui ne passe pas :

"Aussi glaçante que la violence des scènes de lycéens collés contre le mur à Mantes-la-Jolie leur justification froide, dénuée d’empathie et de responsabilité par Jean-Michel Blanquer parlant de duperie par l’image ce matin."

"Fake news"

En revanche, du côté de Julien Auber, député de la 5e circonscription du Vaucluse et secrétaire général adjoint des Républicains, l’opinion diverge. Il s’est dit "frappé de voir qu’alors que nos forces de l’ordre essayent de protéger la République des casseurs depuis 3 semaines, on polémique à Mantes-la-Jolie en introduisant le soupçon. Ça c’est choquant !"

Fatima El Ouasdi, collaboratrice parlementaire du député LREM des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel, a, elle, considéré que cette méthode d’interpellation, puisqu’ayant permis de "maîtriser" les adolescents, était justifiée :

Valérie Pécresse, des Républicains, a quant à elle souhaité que ces images soient replacées dans un "contexte d’extraordinaire tension". Puis la présidente de la région Île-de-France a déclaré : "l’obsession des policiers, c’est de ne pas blesser un lycéen [...] on se félicite aujourd’hui qu’il n’y ait pas eu de blessé" à Mantes-la-Jolie.

Le tout sans oublier Cendra Motin, députée La République en Marche de la 6e circonscription de l’Isère, qui a parlé de "fake news" alors qu’elle était invitée sur BFMTV jeudi 6 décembre.

Image d’illustration : © Céline AGNIEL / AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 07/12/2018