Lila et Adélaïde. (© Facebook)

Mort de Lila et Adélaïde : le chauffard multirécidiviste remis en liberté

Lors d'un accident de la route il y a un an et demi, deux fillettes avaient perdu la vie.

Le 3 avril 2018, Nadia Karmel rentrait chez elle en voiture avec ses enfants, Lila, 3 ans et demi, Adélaïde, 26 mois, et Isaac, âgé d’un mois, assis à l’arrière. Un chauffard les avait percutés et Nadia a perdu ses deux filles dans l’accident. Lila est morte sur le coup et Adélaïde n’a pas survécu à ses blessures.

Son fils, un nourrisson à l’époque du drame, a été gravement blessé mais a miraculeusement survécu. Les expertises ont démontré que la mère de famille n’aurait pas pu réagir en raison de la rapidité du choc : le chauffard roulait à plus de 120 km/heure sur une départementale limitée à 90, alors qu’il y avait un violent orage.

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Si le chauffeur multirécidiviste avait été condamné à la peine maximale encourue pour les infractions commises avant ce drame, soit une suspension de permis de trois ans, il n’aurait probablement pas été sur la route le jour de l’accident.

En novembre dernier, ce dernier avait été condamné à une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, assortie d’un mandat de dépôt immédiat et d’un retrait de permis de cinq ans.

"Lundi la demande de libération immédiate, mercredi vous êtes dehors"

Mais il avait alors fait appel du verdict et avait été placé en détention provisoire. Le chauffard vient donc d’être remis en liberté, a appris Le Parisien. La Cour d’appel d’Amiens avait finalement donné en début de semaine son feu vert à sa "libération sous contrôle judiciaire, avec interdiction notamment de conduire tout véhicule à moteur et d’entrer en contact avec les personnes entendues dans le cadre de la procédure", précise le quotidien. Il a été libéré hier.

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Sur la page Facebook dédiée à ses filles et à son combat, Nadia Karmel a réagi à l’annonce de sa remise en liberté. "Le temps d’un instant j’ai imaginé que ma vie pouvait reprendre un chemin habituel", a-t-elle débuté, poursuivant : "J’ai donc eu le temps de reprendre le chemin de mon travail, le temps de reprendre le volant, le temps de quitter notre maison et le temps de commencer à les pleurer. Deux mois, deux tout petits mois."

Et d’ajouter : "Puis ce temps s’est arrêté, lundi la demande de libération immédiate, mardi Isaac s’évanouit, mercredi vous êtes dehors", avant de conclure :

"C’est fou que j’en vienne à dire ça mais j’ai bien peur que vous ignoriez et refusiez de reconnaître que vous les avez blessées à jamais et qu’il y a de ces blessures que l’éternité ne saura jamais cicatriser. Ni les nôtres, ni les vôtres. Et que tout est humain, même les faiblesses et la lâcheté."

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En septembre dernier, nous avions recueilli son témoignage, qu’elle souhaitait livrer pour éviter que ce drame se reproduise.

Par Astrid Van Laer, publié le 24/01/2020

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