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Mort d’Adama : un "coup de chaleur", "aggravé" par les manœuvres des gendarmes

Publié le

par Hugo Gabillet

© Bertrand GUAY / AFP

C’est ce que conclut la dernière expertise judiciaire établie par quatre médecins belges.

En juillet 2016, la mort d’Adama Traoré a été causée par un "coup de chaleur", "aggravé" par l’immobilisation et le menottage des gendarmes, ainsi que dans une "faible mesure" par ses antécédents médicaux, révèle une nouvelle expertise judiciaire.

Cette affaire est devenue un symbole du débat sur les violences policières. Ainsi, le rapport, établi par quatre médecins belges et dévoilé par L’Obs, a été commandé en juillet par les juges d’instruction parisiens après le dépôt par la famille du jeune homme de rapports médicaux contredisant les experts de la justice qui mettaient hors de cause les forces de l’ordre.

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, âgé de 24 ans, était décédé dans la caserne de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise, au terme d’une course-poursuite et après avoir échappé à une première interpellation un jour de canicule.

Deux expertises que tout oppose

Depuis, une bataille d’examens oppose les médecins missionnés par la justice et ceux choisis par la famille. Celle-ci accuse les trois gendarmes d’avoir causé la mort d’Adama Traoré par une "asphyxie positionnelle", qu’ils auraient provoquée en ayant fait peser sur lui leur corps par un "plaquage ventral" lors de l’interpellation.

Toutefois, pour les médecins belges,"les éléments du dossier ne répondent pas aux critères médico-légaux reconnus d’une asphyxie positionnelle". Évoquant les gestes d’interpellation des gendarmes, les experts écrivent : "En revanche, l’intervention dans le processus létal d’une période d’asphyxie par contrainte physique ne peut être écartée."

"Un coup de chaleur […] dans des circonstances de chaleur atmosphérique"

Les médecins concluent que leur "opinion est en définitive que M. Adama Traoré a très vraisemblablement développé un coup de chaleur en situation d’activité physique relativement brève mais intense dans des circonstances de stress adrénergique et de chaleur atmosphérique".

"L’évolution péjorative [de cet état] a été inhabituellement rapide mais reste plausible en raison notamment de la contribution à une hypoxie – un manque d’oxygène dans le sang – de manœuvres momentanées de contrainte, et dans une plus faible mesure d’états pathologiques sous-jacents", ajoutent-ils.

Adama Traoré souffrait d’une maladie génétique : la drépanocytose. Associée à une pathologie rare : la sarcoïdose. En 2018, un premier collège d’experts, aux conclusions balayées par les médecins de la famille, avait retenu ces maladies parmi les causes principales de l’asphyxie du jeune homme.

Les avocats des gendarmes mettent en cause l’acte de résistance d’Adama Traoré

Lundi, les avocats, Rodolphe Bosselut, Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik, en charge de la défense des agents ayant procédé à l’interpellation, ont réaffirmé que : "Les gestes réglementaires par les trois gendarmes l’ont été au regard de la rébellion d’Adama Traoré."

"Ces trois agents étaient dans l’ignorance la plus complète des antécédents médicaux de cet homme et de ce qui pouvait s’être produit physiologiquement pour lui" avant leur arrivée sur les lieux, poursuit leur communiqué à l’AFP.

Assa Traoré, la sœur d’Adama, s’est exprimée sur Instagram concernant ce nouveau rapport : "C’est aussi la première fois que des experts mandatés par la justice démontrent les incohérences (pourtant choquantes et évidentes !) des différents témoignages" :

Konbini news avec AFP

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