Mobilisation des lycées : plusieurs blessés sont à dénombrer

Mercredi 5 décembre à la mi-journée, le bilan de la mobilisation des lycées, commencée il y a 48h, était déjà lourd.

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

Partout en France, les lycéens se mobilisent en ce moment contre les réformes du bac et du lycée mais aussi contre l’instauration de la plateforme d’accès aux études supérieures Parcoursup. Ils souhaitent également témoigner de leur soutien au mouvement des gilets jaunes.

Des blessés graves à déplorer

Plusieurs centaines de lycées bloqués, de nombreux débordements, des interpellations et des blessés graves : le bilan de la mobilisation des lycées est lourd, et les blessures constatées sont pour la plupart imputées à des tirs de flash-ball venant des policiers.

À Saint-Jean-de-Braye, dans la banlieue d’Orléans, un jeune homme du lycée Jacques-Monod, atteint par un tir, a été grièvement blessé à l’arcade. Transféré à l’hôpital d’Orléans, il est conscient mais souffre d’un traumatisme crânien, et son pronostic vital n’est plus engagé pour l’heure.

Dans le département du Val d'Oise, à Garges-lès-Gonesse, un autre un lycéen a également été grièvement blessé à la suite d’un tir, déclenché en réponse à des jets de mortiers devant le lycée Simone-de-Beauvoir. Il aurait eu la joue arrachée et a été évacué vers le centre hospitalier de Gonesse.

Dans le 8e arrondissement de Lyon, des faits de violences devant le lycée Lumière ont aussi été rapportés. Quatre jeunes ont été interpellés et une lycéenne aurait été grièvement blessée à l’œil, elle aussi touchée par un tir.

Enfin, un autre tir de flash-ball serait à l’origine des blessures aux parties génitales dont souffre un lycéen de Seine-et-Marne, a confié à Konbini News un porte-parole du Syndicat Général des Lycéens. Sa mère aurait déclaré vouloir porter plainte contre l’État.

"Ce qui se passe là est très grave"

Sur Twitter, ces violences policières ont été dénoncées par plusieurs académies.

Contacté par Konbini News, Nabil Hedar, porte-parole national du Syndicat Général des Lycéens, demande au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, d’interdire l’utilisation des flash-balls et des bombes lacrymogènes contre les manifestants : "Ce sont de jeunes gens qui expriment leurs revendications. Si violences et débordements il y a, il faut faire preuve de diplomatie. Ce qui se passe là est très grave."

Solidaire envers les familles des lycéens blessés, le SGL réclame des décisions politiques et sociales très rapides pour stopper les violences.

Certaines académies fortement touchées

Parmi les académies touchées, certaines font état de situations particulièrement violentes et des points chauds ont notamment été recensés à Marseille, à Lyon, dans la région toulousaine et en Île-de-France.

Dans le département du Val d'Oise, 138 interpellations ont été comptabilisées suite à de nombreux débordements et dix-sept blessés en urgence relative sont à déplorer du côté des manifestants. Deux lycéens du lycée Jules-Verne de Cergy ont été transportés à l’hôpital et les parents auraient déjà fait part de leur intention de déposer plainte contre des policiers.

Par Manon Marcillat, publié le 05/12/2018